Vic a lu pour toi: Les fantômes fument en cachette de Miléna Babin

r_652Miléna Babin arrive à faire ce que je ne sais pas faire. Elle écrit des choses qui me sont inaccessibles. Elle mérite une brouette de bravos.

Les fantômes fument en cachette est publié chez XYZ et il s’agit de son premier roman. Je recommande sans hésitation. (Je l’ai lu en e-pub et je ne n’ai pas l’impression que ça m’ait fait mal.)

Maeve vit sur la rue Cartier avec son plan de verveine, son chat, ses textes à réviser. Elle joue à l’ange gardien pour sa voisine âgée en attendant le retour de Fred, son amie la plus proche. Elle aime Loïc depuis toujours, d’un amour en douleurs et brûlures de cigarettes et Max, aussi, peut-être. Entre la Haute-Ville, Limoilou et le Chalet, elle se perd, change la couleur de ses murs, écoute de la musique, brise des cadres de photos, grille des cigarettes, essaie de jouer à l’amie avec la blonde de Loïc, joue à la mère avec la petite Kancelle, fait du ménage, se retrouve presque, se sent trahie, jette un album au feu et chasse les fantômes qui fument.

J’ai une douzaine de tours du soleil d’avance sur Miléna. Autant dire une éternité. Mais nous avons Québec en partage, l’Université Laval, et le goût d’écrire. Je ne m’attendais à rien avant de lire le roman. Quelques échos positifs, une jolie couverture, l’idée que quelqu’un qui s’engage envers la radio et le journal étudiants mérite d’être lu. Et paf! Surprise!  Il y a de L’appartement du clown dans cette fumée de fantômes. (Ben oui, c’est mon blogue, alors je retourne tout vers mon nombril. Tu t’attendais à quoi?)

Il y a cette galerie de personnages qui intrigue le lecteur et dont les chassés-croisés poussent à vouloir les rencontrer (ne serait-ce que pour leur botter le cul, parfois). Il y a ces chansons citées – celles qui doivent tarauder Miléna quand elle se lève le matin – et qui pimentent le récit. Il y a, surtout, ce besoin de raconter ces moments de vague et d’angoisse où chacun de nous se défait de son « avant » en espérant qu’il y aura un « après », mais sans savoir de quoi cet « après » sera fait.

Bref, c’est un fichu de bon premier roman.

Je termine en expliquant pourquoi Miléna sait écrire des choses qui me sont inaccessibles. Quand même, je ne saurais te laisser dans le flou, ce n’est pas mon genre. Voici donc: Vic, lui, invente des histoires qui s’ancrent dans le réel, mais qui flirtent toujours avec l’improbable. J’ai un goût (un besoin?) de faire basculer mon récit de l’intérieur des personnages vers l’extérieur, dans l’action. Ma catharsis à moi se trouve dans un geste d’éclat, une rupture avec le développement psychologico-émotionnelle de mes personnages. Méliéna, elle, parvient à créer ce point culminant, mais demeure surtout dans l’intérieur de ses personnages.  Il faut du talent pour ça – de mon humble point de vue.

Je suggère l’achat d’un paquet de cigarette avant la lecture, juste pour pouvoir faire tourner le petit bâton entre tes doigts et ajouter au réalisme de ton expérience. (Je blague. Mais je me dis que ce n’est pas si con, dans le fond.)

Ciao,

VV

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5 réactions sur “Vic a lu pour toi: Les fantômes fument en cachette de Miléna Babin

  1. Je suis en train de lire ce roman en ce moment. Je reviendrai après avec mon appréciation…
    Sinon, par quel livre de Vic Verdier commencer? 😉

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