Vic a lu pour toi: Mises en scène de Guillaume Morrissette

C’est du bon roman, ça monsieur. Un polar de qualité, madame. Oui, oui, je l’affirme avec plaisir.

2024, fin du mois de mai, début juin, on retrouve le trio Héroux-Soucy-Landry de la police de Trois-Rivières, dans le cadre d’enquêtes croisées. Un gars en sous-vêtements féminin meurt asphyxié dans son appartement; un jeune diabétique est enterré vivant durant un jeu d’évasion extérieur. Voulez-vous bien me dire pourquoi il y a des clés inutilisables sur les scènes de crime et qui s’amuse à diffuser des photos intimes de personnes associées à ces événements? Morrissette nous piège avec son enquête, on tergiverse au fil des questionnements qui tiraillent ses personnages. C’est exactement ce qu’on demande à un bon roman policier.

L’intrigue se tisse autour de Sauve qui peut, une compagnie qui offre des jeux d’évasion à l’intérieur et des jeux d’horreur à l’extérieur. La bonne idée. L’originalité de ce livre se trouve, d’après moi, dans le contexte de l’histoire, justement. Morrissette a bien choisi et judicieusement utilisé ce phénomène culturel peu connu et, de prime abord, mal compris.

Vic, dans son jeune temps, a beaucoup versé dans ces univers de jeux « où on fait semblant ». Ben oui, je suis de cette gang-là. Je vous confirme que, quand c’est bien fait, les simulations peuvent vraiment donner la chienne – il est facile de se laisser prendre à des « fausses émotions » quand les participants jouent avec sérieux. À partir du moment où Sauve qui peut sert de pivot à plusieurs aspects de l’intrigue, Morrissette s’ouvre la possibilité d’exploiter une foule de matériel narratif. Ça donne le goût de savoir, t’sais? Parce que les gens qui s’intéressent et qui travaillent dans ce genre de place ont tendance à être marginaux. Du monde spécial… Morrissette nous confronte avec une galerie de personnages dont les contours psychologiques variés piquent la curiosité, tout en demeurant dans l’univers des probables.

Du beau travail d’équilibre, Guillaume. Joli boulot.

En vrac, j’ai aimé:

  • Le personnage du proprio de Sauve qui peut, surnommé EPP, en équilibre entre ses passions, ses limites, son désir de réussite entrepreneuriale et sa volonté de bien faire les choses;
  • L’illustration des travers du voyeurismes dans le contexte de notre mode ultramédiatisé et sursexualisé;
  • Le réalisme des réactions de chaque personnage, selon sa propre perspective, et le fil des raisonnements des nos trois enquêteurs;
  • Le niveau de stress élevé induit par le roman, malgré des crimes qui ne s’avèrent pas si sanglants – j’ai moi-même tendance à priver mes personnages de leur vie plus que ça. Je loue la retenue de Morrissette (passer à un cheveu de mourir fonctionne vraiment bien dans le contexte de son enquête);
  • Les incohérences naturelles des gestes posés impulsivement par des personnages qui ne sont pas des criminels de carrière – ici, le crime se produit de façon désordonnée, au fil des passions, sans nécessairement avoir été planifié avec soin. J’adore le réalisme que ça apporte.

Bref, je te recommande de lire Mise en scène. Je ne vois pas comment tu pourrais en ressortir malheureux, lecteur avisé. Un café, un peu de précipitations – peut-être une pluie sur les vitres des puits de lumière – un bon éclairage et hop! laisse-toi prendre au piège.

VV

(Photo Marie-Ève Alarie, Hebdo Journal// Guillaume Morrissette, avec une reproduction de la couverture de son roman sur les panneau de sa Caravane Littéraire.)

Vic traverse le parc! Yé!

Cette année, j’ai quatre nouveautés pour toi: Lac au sablePrédateurs: Doctor J.La petite fille aux allumettes Vol II et Conte interdit: Sinbad, le 7e voyage. Ça roule ma poule.

Tu as toutes les raisons de venir me voir!

J’ai hâte de se croiser dans la nouvelle mouture du salon. En effet, la 61e édition du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean se déroule du 25 au 28 septembre 2025 à Place Centre-Ville Jonquière 

3880, boulevard Harvey, Jonquière (Québec) G7X 8R6
Entrée principale : porte 3

C’est un rendez-vous mesdames, messieurs!

VV

L’Empire s’invite à Salut Bonjour

Frédérique Dufort – 24 août 2025

L’Empire bleu sang a reçu des éloges de la part de la chroniqueuse livres de Salut bonjour. Clique ici! Ça commence à 3:50… et j’en suis bien fier.

Frédérique Dufort propose aux spectateurs de sortir de leur zone de confort en plongeant dans mon monde alternatif. Elle suggère même aux enseignant.e.s qui veulent parler de l’histoire du Québec de faire réagir leur classe avec mon roman. Pas fou.

Bonne fin d’été pour Vic, hein?

« Un roman futuriste grinçant et sanglant où tout le monde se fait justice au nom de la loi ; mais la loi de qui? Et pourquoi ? »

VV

Contraintes libres?

Avec Prédateurs – Doctor J., je compte maintenant cinq séries collectives auxquelles j’ai eu l’occasion de contribuer; pour un total de sept romans publiés « sous la contrainte ».

Est-ce que c’était une bonne idée? La réponse courte est: OUI.

La réponse longue est encore oui, mais avec quelques nuances.

C’est quoi publier dans une série? C’est accepter certaines prémices narratives avant de commencer à imaginer une histoire personnelle. C’est vivre avec la contrainte d’un cadre imposé. Un convoi carcéral prend le champ à Saint-Siméon, une brochette des pires criminels du Québec s’évadent en même temps. Peux-tu raconter ce qui arrive avec un des détenus? Le roman offre des choix aux lecteurs, avec des variations multiples qui permettent de présenter plusieurs facettes d’une même histoire. Es-tu capable d’écrire ça, Vic? On raconte une version moderne d’une légende du Québec pour un public ado. T’as jamais fait ça, mon Vic.

Ça peut paraître limitatif, mais j’aime ça. (Ça doit être la raison qui fait que je continue à m’intéresser à ces projets collectifs.)

Mais… Pour que ça fonctionne, j’ai identifié 4 facteurs qui doivent être réunis. Sans ces éléments-là, je ne m’embarque pas dans l’écriture:

  • Il faut que je sois persuadé que l’idée de la série est solide. Le concept des Contes interdits, par exemple, est bien assis sur une fondation stable. Est-ce que je me lancerais dans un remake de Harry Potter? Pas sûr, pas sûr.
  • Il faut que je sente que je peux y apporter une twist qui sera la mienne. J’ai besoin de jouer avec les limites d’un concept, sans cette liberté-là, je me sens démuni.
  • J’ai besoin de collaborer avec des gens que j’apprécie et qui ont du courage éditorial. Si mon roman présente des failles, je veux qu’on les pointe, qu’on les travaille, qu’on ne les laisse pas passer.
  • Il faut que je sois excité par une idée à l’intérieur du concept de la série. Pour Larmes de crocodile, je voulais parler du mensonge et du monde universitaire; pour Doctor J., je voulais toucher aux interactions entre les motards et flirter avec la maladie mentale – bref, j’ai besoin que ma proposition contienne un défi qui me stimule.

Il m’est arrivé de commencer sans savoir si la mayonnaise allait prendre. C’est le cas de Verdier le géant. J’avais l’impression que de raconter les origines de la rencontre entre le gros méchant du conte interdit et sa femme, Nicky, allait finir par donner un roman « ordinaire ». Je me trompais complètement. Mon incursion Dans l’univers des contes interdits a été remplie de surprises. Je me suis pris au jeu, j’ai déconstruit mon histoire, j’ai assaisonné ces personnages déjà plutôt intéressants, je me suis senti très libre dans la contrainte.

Bref, dans mon cas, le cadre d’une série ne représente pas un frein à la créativité.

Ciao.

VV