Vic a lu pour toi : AMQUI d’Éric Forbes

AMQUI

J’aime les polars qui sortent du moule et se permettent des incartades dans le crime novel. C’est ça que propose AMQUI, chez Héliotrope, dans la collection Noir.

Forbes écrit bien et juste. Les personnages qu’il met en scène, nous les connaissons déjà, ou presque. Il y a cet ex-détenu qui semble avoir mûri un plan en prison; sa sœur, devenue une étrangère; ce policier marqué par la vie, qui fait son travail, mais qui passe à un cheveu de tout faire foirer; ce politicien qui aboutit au sommet de sa carrière après un chemin semé de trahisons; ces truands sûrs d’eux mêmes, un peu cons, qui ne semblent avoir connu que des victimes apeurées… Donc on les connaît – sauf que l’ex-détenu est aussi libraire (comme l’auteur, d’ailleurs), que le policier ne tire pas vraiment les ficelles de l’histoire, que le politicien a une saveur toute régionale qui le distingue. Forbes parsème du piquant et de l’étonnant chez ses protagonistes et leurs antagonistes. Il s’assure aussi que le polar ne soit pas simplement une succession de scènes qui mènent au dénouement où la justice triomphe enfin. C’est là qu’il flirte avec le crime novel. On comprend que des zones d’ombre vont perdurer et que c’est aussi ça, une bonne histoire bien noire.

Autre bon coup : l’action d’abord.

Je suis toujours plus intéressé à voir une intrigue progresser à rythme soutenu qu’à obtenir les détails de la vie des personnages. Forbes a trouvé un bon dosage. Nous ne savons pas d’où son ex-détenu tient son expertise en arts martiaux. (Et franchement, on s’en tape.) Le « background » familial du policier est esquissé, pour qu’on comprenne ses comportements actuels, qu’on se demande ce qui va se passer avec tout ce foutoir, mais Forbes ne s’épanche pas en descriptions et flashbacks de mise en contexte. C’est tant mieux. Pas besoin de trop en dire quand il y a tant d’affaires à faire, tant de monde à tuer, tant de revirements à effectuer.

Petit coup de chapeau, également, à la qualité des dialogues. Éléments auquel le Vic accorde une immense importance, comme tu le sais, lecteur fidèle que tu es.

AMQUI, c’est un parcours violent, sans flafla, qui t’entraîne vers une conclusion aussi brutale et désolante qu’imprévisible. Je dirais aussi… un poil jouissive, si tu sais savourer ce genre de choses. Lire AMQUI, c’est embarquer dans une histoire qui joue à pong entre le poids de l’histoire familiale, la manipulation politique, le besoin de vengeance, les limites du travail policier et le film d’action Rated R.

VV

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