Vic a lu pour toi: The Sisters Brothers – Patrick deWitt

     Pis c’est bon. Vraiment bon.

     Mais à part ça? Pis pourquoi, donc?

     Ben c’est parce que M. deWitt offre à ses lecteurs un voyage magistral dans les pensées intimes d’un tueur du Far West.

     Quoi? Un western psychologique?

     Non, pas tout à fait. Je t’explique. The Sisters Brothers raconte, à travers les yeux d’Eli Sisters, comment lui et son frère Charlie vont s’acquitter d’une chasse à l’homme pour le compte d’un caïd d’Oregon City à la fin de l’hiver 1851. Le coup de génie de deWitt est de conditionner son récit par la disposition d’esprit d’un des deux tueurs et de transformer une aventure palpitante en une quête, assez progressive, vers la fin d’un mode de vie.

     Wo, Vic, veux-tu un calmant? Tu tombes dans l’existentiel, là!

     C’est parce que je m’explique mal… La chasse à l’homme des frères Sisters aurait normalement dû déboucher sur une série de scènes d’action, des coups de feu, des chevauchées, des Indiens dangereux. Un western, quoi! Et, en vérité, tous ces éléments font partie du roman. Sauf que ce qu’on retient est plutôt l’évolution de la relation entre les deux frères, puisqu’Eli, le narrateur, partage tous ses sentiments avec le lecteur. Nous sommes dans sa tête, entre son désir de connaître une femme sans la payer, son admiration juvénile pour Charlie, son rêve d’ouvrir un commerce tranquille, son attachement pour un cheval handicapé, son mépris des hommes méchants… Eli n’a rien d’un héros sans peur et sans reproche. C’est le frère à gros ventre, le suiveux, le gars qui réfléchit pas trop vite, mais si lentement non plus.

     OK, ça commence à m’intéresser, ton affaire, Vic.

     Pis c’est pas tout… En pleine ruée vers l’or, entre Oregon City et les montagnes à l’Est de Sacramento, l’auteur nous propose une suite de personnages complètement crac potes. On a un jeune garçon presque mort de faim qui attend le retour de son père dans un chariot rempli d’outils pour la prospection. On a une commis aux livres malade qui se meurt auprès d’un homme riche et violent. On a des trappeurs poilus qui sont frustrés de ne pas avoir tué l’ours au pelage roux. On a un homme qui a découvert une solution capable de faire briller l’or sous la couche de sable qui le cache dans le lit d’une rivière. J’en passe, et des meilleures. Au fil de ces rencontres, Eli s’interroge, s’engage et change de perspective sur sa vie de tueur. Un bildungroman dans l’Ouest américain.

     Donc, tu recommandes.

     Ouaip, et je ne serais pas le premier: le roman était sur la liste des finalistes du Man Booker Prize. Et, tant qu’à y être, je t’avise que je ne sais pas s’il existe de traduction en français. Je me demande si je ne vais pas offrir à deWitt de le faire pour lui… Bon ben, bye, là.

VV

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