Le mythe du premier roman

Liste de clichés associés au premier roman d’un auteur trentenaire au Québec: un personnage masculin, jeune et montréalais d’adoption, des bribes d’autobiographie à peine déguisées, un narrateur qui parle au JE, quelques remises en questions de bon ton, un peu de sexe… serais-je tombé dans le patern classique ?

Oui, un peu.

Vraiment ?

Oui, quand même, je te dis.

C’est moche, non ?

Pas tant que ça. Il y a du mythe là-dessous.

Explique-toi.

OK. Écrire un roman n’est pas une activité particulièrement naturelle. Il faut s’imaginer en raconteur d’histoires, se persuader qu’on a quelque chose à dire, l’écrire, le réécrire, trouver ça meilleur, avoir peur que ce soit mauvais, bref, on est en terrain peu défriché. C’est pour ça qu’on l’appelle le premier roman. Dans de telles circonstances, je crois qu’il est important de conserver quelques repères essentiels.

Par ailleurs, si l’affaire est bien faite, il ne devrait pas y avoir lieu de s’inquiéter. On vend des polars depuis de années et des années… ce qui implique qu’on les lit aussi. Moi j’en lis et j’y trouve mon compte plus souvent qu’autrement. Pourquoi est-ce que ce serait différent avec mon premier roman à moi ?

J’ai emprunté au patern, d’accord, mais j’ai pris soin d’y ajouter quelques surprises qui font que L’adc devrait goûter L’adc et pas seulement la saveur connue du premier-roman-d’un-auteur-québécois-dans-la-trentaine. Exemples. Papi Verdier présente, selon moi, quelque chose de frais qui en fait un personnage imprévu et rebondissant. La façon qu’a Vic de chroniquer les étranges dérives de ces gens qu’il pensait connaître devrait faire sourire, si elle n’arrive pas à surprendre tout à fait. Mes mots mis bout à bout devraient aussi créer un rythme qui sera celui de Vic Verdier. Le monde connu que je maquille et travestis a peut-être même le potentiel d’évoquer une réalité prochaine, qui sait.

Tout ceci étant dit, L’apartement du clown EST un PREMIER ROMAN. J’ai déjà parlé de celui de François Avard… lui aussi a écrit, un jour, un premier roman. Je vais te révéler un secret : Salinger, que l’on pleure aujourd’hui, est passé par la même place que Vic (A Perfect Day for Bananafish). Fred Vargas itoo (Les jeux de l’amour et de la mort), et Alexandre Dumas (La salle d’armes) et Dany Laferrière (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer)… tu me suis ?

La seule différence véritable est que ce premier roman est le mien. Autre secret : il n’y en aura qu’un seul comme lui.

VV

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