« Faces de boeufs »: toro! toro!

Corrida_PicassoL’été réchauffe mon moteur de romancier. C’est officiel… bien installé dans ma cour, à profiter du temps doux, je suis à fonds dans l’écriture de la suite de Cochons rôtis.

Le deuxième opus s’intitule Faces de boeufs, jusqu’à preuve du contraire. Je pense que ça va décoiffer.

Vic est devenu sergent-détective, et ses enquêtes ne sont pas tout à fait aussi « hot » que prévu. Il se spécialise en recel d’oeuvres d’art… Bof. Après ce qu’il a vécu dans l’affaire du Méchoui de Montréal, tout lui paraît de moindre importance. Vic est en couple avec Barbie, ils voudraient se faire un petit. Ça ne fonctionne pas. Sa soeur, elle, est enceinte – merde. Sa mère trompe peut-être son père; et quoi encore? On pose des caméras 360 degrés sur des groupes tests de policiers, alors que les bévues semblent se multiplier. Pourquoi Big Polansky risque-t-il sa pension en tabassant un prévenu? Quelqu’un d’autre a des problèmes avec tout ça? Vic peut-il simplement faire son travail au lieu de se mêler de ce qui ne le regarde pas vraiment? (Tu penses ça, toi?)

J’organise tout ça en quelque chose de cohérent et je t’en reparle.

Salut.

VV

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Cochons rôtis: polar en progression rapide

Cochons-rotis_p1Je passe d’excellentes vacances pour l’écriture de mon premier polar.

Je t’avais dit que la nouvelle « Cochon rôti », publiée dans Zinc allait devenir un roman… qui s’intitulera Cochons rôtis (tu as remarqué la subtile différence grâce à l’utilisation discrète du pluriel?). Ne fais pas cette tête-là, je te l’avais dit.

Bon. Aujourd’hui, j’ai dépassé la marque du 36000 mots. (WTF?) Pour ton info, Le Moderne cabaret en comptait 60000 et L’imprimeur doit mourir, 80000. Pour cette première incursion dans le monde du roman policier, je vise 55000 mots. Au final, je dirais un livre d’à peu près 200 pages qui se dévore comme du pulled pork.

Mise à jour: présentement, juste là, là, dans le processus d’écriture, les choses s’accélèrent. Les idées se bousculent, les actions déboulent, la violence se concrétise… comme on s’attend à ce que ça se passe dans un polar. D’ici 10000 mots, j’aurai atteint la résolution — juste avant de faire rebondir l’enquête une dernière fois dans son retournement final, pour un autre 4000 mots. Le reste (peut-être 4000 mots) devrait être constitué de polissage et d’ajouts de quelques éléments périphériques pour donner de la profondeur aux personnages.

On parle pour parler, là. (Mais je suis plutôt excité.) En bonus, deux éléments pour les éditions futures du Trivial Pursuit: 1) Cochons rôtis est mon premier livre qui se déroule l’été et 2) je t’offre la page de garde de mon manuscrit… ce qui apparaît quand j’ouvre mon document de travail.

Ciao,

VV

Cochons rôtis: du Verdier policier dans la revue Zinc

zinc_site_web-index001004Cochon rôti est le titre de la nouvelle policière signée Vic Verdier que tu vas pouvoir déguster dans la revue Zinc du mois de juillet 2014 — spécial polar. En accompagnement, je suggère une sauce BBQ très épicée, de la bière fraîche et une shot de sambuca flambée.

Je rejoins donc, en tant que collaborateur de la revue Zinc, quelques amis comme Émilie Andrewes et François Barcelo. J’y côtoie aussi, par association, des auteurs admirables que je ne connais que de plume comme Simon Boulerice,  Christian Mistral, Nelly Arcan, Jacques Godbout, Yves Beauchemin, Gil Courtemanche,  Marie-Hélène Poitras ou encore Stéphane Dompierre (j’en passe une flopée d’autres, des pointures…).

Mélanie Vincelette et Sylvain Trudel ont eu, d’une part, la généreuse folie de sélectionner mon texte (elle) et de l’autre, la sagesse de proposer des ajustements avisés (lui). Un gros merci.

Ça parle de quoi, ton affaire de police?

Ami lecteur, sache que le Vic fait flèche de tout bois et joue à l’explorateur de genres littéraires. Après le bildungsroman urbain et masculiniste de L’appartement du clown, le roman psychologico-tiré-par-les-cheveux du Moderne Cabaret, le thriller quasi-historique de L’imprimeur doit mourir — et juste avant la rétrofiction-trash de L’Empire bleu sang —, je me permets donc de commettre un dérivé de polar. Vic n’a manifestement pas peur de s’essayer, ne serait-ce que pour voir le résultat.

Avec Cochon rôti, je saute dans l’univers de la police de Montréal, alors qu’un patrouilleur est retrouvé calciné dans sa propre voiture. Ça sent déjà la couenne de porc brûlée.

On s’en rejasera!

VV

De la première à la dernière goutte

Ça brûle! Chauffe Marcel, chauffe!

Ça brûle! Chauffe Marcel, chauffe!

Tu as déjà la Moby Dick? « Call me Ishmael. » Ce sont les premiers mots du roman et ils ont fait école. Moi, quand j’ouvre un livre, je m’arrête tout le temps après la première phrase. Je me demande tout le temps si l’auteur a fait tous les efforts possibles pour m’accrocher. Elmore Leonard est passé maître dans cet art-là. (Voir les « Vic a lu pour toi ».)

Pour L’imprimeur doit mourir, j’ai fait des efforts tout particuliers de manière à polir le prologue et l’épilogue. Mon éditrice me guide avec douceur… et fermeté. (Elle me dit que c’est parce qu’elle aime beaucoup le roman et qu’elle veut qu’il soit au poil. Je la crois et j’y travaille.)

Là, là, j’en suis à la septième version. 7.

Assez pour en perdre le compte. Mais à force d’écrire la mise en bouche et le dessert, je pense que ça je n’ai jamais aussi bien compris mes propres mécanismes d’écriture. Et je me surprends un peu chaque fois. Il existe une multitude de façons de présenter une histoire. Toutes n’étant pas égales, par ailleurs. Je suis peut-être un peu maso, mais j’aime ça.

En primeur, voici les premiers et derniers mots de L’IDM: « Cet homme » et « encre verte ».

Entre les deux, il y a un roman.

Ciao,

VV

Test Beta

Les lecteurs dans leur environnement naturel

Les lecteurs dans leur environnement naturel

Et c’est fait. Le manuscrit existe. Il faut maintenant le soumettre à l’épreuve des lecteurs.

Pourquoi donc?

Par exemple, dans un billet antérieur, j’ai écrit: « J’aime les narrations au JE. Tout L’appartement du clown est monté sur la dualité entre le JE de Vic Verdier (celui de l’auteur et du personnage) et le TU du lecteur. (…) Bien sûr, j’ai lu des quantités épeurantes de livres écrits à la troisième personne. Il y a des chefs-d’œuvres comme ça. (…) J’aime ça aussi, mais pas quand j’écris moi-même. » Ce n’est plus vrai.

Tout L’imprimeur doit mourir est à la troisième personne. Et je ne sais même pas si ça fonctionne. Je ne sais pas non plus si les différentes parties de l’oeuvre se tiennent, se répondent. Je ne sais pas non plus si mes raccourcis sont trop courts où si, au contraire, je m’étends en longueur.

Il faut des lecteurs généreux, capables de me parler dans le casque. Je m’inspire du monde des Techno de l’Info – où tant de pros du test se font les dents. WIKI dit:

Beta testing

Beta testing comes after alpha testing and can be considered a form of external user acceptance testing. Versions of the software, known as beta versions, are released to a limited audience outside of the programming team.

Je fais exactement ça, juste maintenant. Et j’ai hâte de savoir ce qu’ils en pensent, t’as pas idée. Maudit que je suis chanceux d’avoir du monde comme ça autour de moi.

Bon, je te laisse, je m’en vais leur improviser un quatrième de couverture, question de gérer leurs attentes. Pis je vais m’acheter un casque, au cas.

VV

Heureux d’un printemps

ImageBon. Tu pensais que j’avais arrêté d’écrire, hein? Tu me connais encore bien mal – c’est peut-être parce que je me découvre moi aussi. Mais trève de considérations psychologico-philosophes, j’ai envie de te faire une mise à jour exhaustive de mes derniers mois.

PREMIÈREMENT, j’écris aujourd’hui sur un Mac. J’aime, comme dirait Facebook.

DEUXIÈMEMENT, mon projet steampunk destiné à un public averti a eu la bonne idée de rebondir récemment. Je suis donc encore en lice quelque part pour que ce livre en devienne un vrai.

TROISIÈMEMENT, le roman historique à saveur d’aventure (tu aimes la photo en vignette?) est prrrrrresque terminé. Dans le genre que l’action a été mise en mots une première fois et qu’il me reste le pseudo roman-feuilleton que j’ai décidé d’ajouter entre les chapitres à finaliser. Je suis sur les derniers miles. Et c’est plutôt bon:

  • Roman écrit à la troisième personne (différent);
  • Roman d’aventure qui, je crois, tient son lecteur en haleine;
  • Beau feeling d’être dans la Vieille Capitale, juste avant les années folles;
  • Impression que l’époque de la Première Guerre Mondiale pourrait devenir en vogue avec la célébration du centenaire;
  • Nouveau titre de travail: L’imprimeur doit mourir.

Je me suis surpris à plus d’une fois durant l’écriture. Ça doit être bon signe.

QUATRIÈMEMENT, je suis en train de préparer un nouveau projet et j’ai décidé de solliciter le Conseil des arts du Canada pour un petit coup de pouce. Cette fois, on s’en va dans le ici et maintenant, avec un roman sur l’échec possible de la famille, sur les dérives de la société de consommation, sur l’impossible et inévitable quête du bonheur. On appelle ça Un monde merveilleux jusqu’à nouvelle idée. (Oui, ça va se passer à Disney World… crois-le ou non.)

Bon, ben, ça me chauffe la couenne, là. C’est l’heure du souper, presque. Je te reviens sous peu.

Si t’as des questions, tu m’écris. Sans farce. Vas-y.

VV

Vic a lu pour toi: Freedom, de J. Franzen

ImageUn gros roman… ouaip, pas mal gros.

On a beaucoup parlé de ce titre, alors, je me suis dit: pourquoi pas? Et je me suis lancé là-dedans. J’en ressors impressionné, bien que pas vraiment sous le charme. Je crois que tu peux lire, tout de même, lecteur omnivore. Parce que Freedom se lit. (De toute façon, je ne parle pas des livres que je n’ai pas aimés, tu le sais bien.)

Alors, pourquoi lirais-tu? Eh bien, je crois que c’est question d’admirer le contrôle de J. Franzen. Virtuosité. Sa capacité à ficeler une brique qui semble se diriger en tous sens, puis qui se regroupe dans un joli paquet jusqu’à ce que tu y voies clair. Jusqu’à ce que ses personnages, plutôt complexes et évolutifs, se révèlent à toi dans leur lumière. Et leur ombre, puisque l’une va nécessairement main dans la main avec l’autre.

C’est pourquoi j’ai dit que j’avais été impressionné. Je ne suis pas encore de ces auteurs capables de présenter une narration variée, touffue, pour tourner autour de personnages en mouvement comme autant de caméras, autant de points de vue. Mais j’y travaille. (D’ici-là, je vais me ranger du côté des admirateurs.)

Je ne te raconte pas cette saga familiale. Ça ne te guiderait pas. Inutile. Par contre, je peux t’assurer que Franzen nous entraîne au coeur de cette Amérique, qui chevauche les 20e et 21e siècles, avec ses contradictions enrageantes et ses aspirations puériles, avec sa résilience et sa capacité à rêver de mieux, aussi.

Salut,

VV