Monte-Cristo: respect pour le titan

Je peux maintenant le dire: j’ai écrit une version horrible et contemporaine de l’œuvre-phare d’Alexandre Dumas, j’ai nommé Le comte de Monte-Cristo. (Tu vas pouvoir lire ce nouvel opus à l’automne 2026.) Il se trouve là tout à la fois un vertige et une grande fierté. Je l’ai répété ad nauseam, depuis mes toutes premières entrevues comme romancier: Monte-Cristo est à l’origine de mon goût des livres. J’ai une foule de publications de médias sociaux où j’évoque ce roman. Cette histoire m’a complètement subjugué.

Monte-Cristo est à l’origine de mon goût des livres.

Pour la petite histoire, en 1985 ou 1986, je ne sais plus trop, j’avais découvert une longue série de livres de poche dans la bibliothèque de la chambre de mes parents, des volumes beiges et poussiéreux. Un matin, j’ai remarqué qu’il s’agissait en réalité de romans, écrits par un certain Alexandre Dumas. J’ai avalé vingt-quatre volumes de la collection, cette année-là. J’ai vécu des aventures avec D’Artagnan, évidemment, mais c’est quand j’ai rencontré Edmond Dantès que mon histoire d’amour avec la lecture a véritablement pris racine.

Le Comte m’apparaît aujourd’hui comme un ancêtre victorien de Batman. Je ne blague pas ; le malheur qui s’abat sur le personnage, sa richesse démesurée, le pouvoir de se venger – la soif de « justice »…

Avec du recul, l’essence de Monte-Cristo s’insinue dans mes propres histoires, si bien qu’on en trouve souvent des traces bien visibles dans les romans que j’invente depuis une quinzaine d’années. Vicenzo Verdier, dans mes polars, éprouve de la difficulté à départager les notions de justice et de vengeance. Jack, dans mon premier Conte Interdit, prend en main sa propre justice et il cherche un trésor. L’esprit romanesque de mon Victor-Hugo Verdier, dans L’imprimeur doit mourir, découle de la mécanique de Monte-Cristo; ce destin injuste qu’on tente de sublimer…

Bref, Vic est excité de te présenter cette version sombre et moderne.

Un contexte très particulier

Je souligne que le scénario du roman original n’est possible que parce que l’incarcération d’Edmond Dantès survient dans cette période trouble de la fin de l’époque Napoléonienne. On l’accuse en secret d’avoir collaboré au retour de l’Empereur après son premier exil. Il a donc fallu que je trouve un fil narratif qui me permette de reproduire cette chose terrible qui fait que des citoyens sont emprisonnés pour des raisons politiques, sans réel procès, pour cause de manque de loyauté…

Je dois admettre que je n’ai pas eu à chercher bien longtemps. Le contexte politique mondial actuel m’a fourni un vaste terrain de jeu. J’y reviendrai. Ça fait frisonner.

VV

Publié par Vic Verdier

J'écris un blogue d'écrivain.

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