Contraintes libres?

Avec Prédateurs – Doctor J., je compte maintenant cinq séries collectives auxquelles j’ai eu l’occasion de contribuer; pour un total de sept romans publiés « sous la contrainte ».

Est-ce que c’était une bonne idée? La réponse courte est: OUI.

La réponse longue est encore oui, mais avec quelques nuances.

C’est quoi publier dans une série? C’est accepter certaines prémices narratives avant de commencer à imaginer une histoire personnelle. C’est vivre avec la contrainte d’un cadre imposé. Un convoi carcéral prend le champ à Saint-Siméon, une brochette des pires criminels du Québec s’évadent en même temps. Peux-tu raconter ce qui arrive avec un des détenus? Le roman offre des choix aux lecteurs, avec des variations multiples qui permettent de présenter plusieurs facettes d’une même histoire. Es-tu capable d’écrire ça, Vic? On raconte une version moderne d’une légende du Québec pour un public ado. T’as jamais fait ça, mon Vic.

Ça peut paraître limitatif, mais j’aime ça. (Ça doit être la raison qui fait que je continue à m’intéresser à ces projets collectifs.)

Mais… Pour que ça fonctionne, j’ai identifié 4 facteurs qui doivent être réunis. Sans ces éléments-là, je ne m’embarque pas dans l’écriture:

  • Il faut que je sois persuadé que l’idée de la série est solide. Le concept des Contes interdits, par exemple, est bien assis sur une fondation stable. Est-ce que je me lancerais dans un remake de Harry Potter? Pas sûr, pas sûr.
  • Il faut que je sente que je peux y apporter une twist qui sera la mienne. J’ai besoin de jouer avec les limites d’un concept, sans cette liberté-là, je me sens démuni.
  • J’ai besoin de collaborer avec des gens que j’apprécie et qui ont du courage éditorial. Si mon roman présente des failles, je veux qu’on les pointe, qu’on les travaille, qu’on ne les laisse pas passer.
  • Il faut que je sois excité par une idée à l’intérieur du concept de la série. Pour Larmes de crocodile, je voulais parler du mensonge et du monde universitaire; pour Doctor J., je voulais toucher aux interactions entre les motards et flirter avec la maladie mentale – bref, j’ai besoin que ma proposition contienne un défi qui me stimule.

Il m’est arrivé de commencer sans savoir si la mayonnaise allait prendre. C’est le cas de Verdier le géant. J’avais l’impression que de raconter les origines de la rencontre entre le gros méchant du conte interdit et sa femme, Nicky, allait finir par donner un roman « ordinaire ». Je me trompais complètement. Mon incursion Dans l’univers des contes interdits a été remplie de surprises. Je me suis pris au jeu, j’ai déconstruit mon histoire, j’ai assaisonné ces personnages déjà plutôt intéressants, je me suis senti très libre dans la contrainte.

Bref, dans mon cas, le cadre d’une série ne représente pas un frein à la créativité.

Ciao.

VV

Faces de bœufs en librairie dès le 26 août

Faces de bœufs est prêt pour les précommandes. (T’as juste à cliquer sur le lien.)

Que dit-on derrière la couverture de ce roman que je te promets d’écrire depuis des années?

« Vic Verdier et Jessy Di Filipo, sa partner de patrouille devenue partenaire de vie, envisagent de fonder une famille. Pendant que Vic s’emmerde dans ses enquêtes, Jessy exulte à titre d’agente de liaison auprès de la startup qui pilote un projet visant à équiper tous les policiers d’une caméra corporelle. Vic a des doutes : le monde entier a-t-il vraiment besoin de voir en permanence leurs « faces de bœufs » ?

Or, plus ses enquêtes avancent, plus il remarque des parallèles troublants avec des événements survenus lors du passage à Montréal en 1976 de membres de la mafia napolitaine et une délégation de celle-ci est récemment débarquée en ville, le jour même du lancement d’une certaine startup… »

Voilà – nous sommes trois ans après les événements racontés dans Cochons rôtis. Ce drame a laissé des traces et a forcé Vicenzo Verdier à réfléchir sur sa vocation. Le détective est maintenant légitime dans son ambition d’enquêteur… sur papier. Il se retrouve enfin au cœur d’une affaire de meurtre – un encanteur d’œuvres d’art – enquête qui va présenter des ramifications imprévisibles, inattendues et beaucoup trop personnelles.

Pourquoi le titre Faces de bœufs? Parce qu’on touche à l’idée de caméras corporelles qui les filment, ces faces de bœufs, parce que Vic essaie d’avoir un petit bœuf avec sa blonde, parce qu’on cherche un dessin de corrida disparu et aussi parce qu’on soupçonne certains pas-bons de mettre leur face de bœufs pour se faire passer pour des policiers.

Hâte que tu m’en donnes des nouvelles.

VV