DOUZOU 2026: Vic fait son bilan

La fête du livre québécois a été, encore un fois, l’occasion de se rappeler l’immense plaisir de la lecture et la qualité de ce qui s’écrit chez nous. J’ai pris part à l’événement de la Librairie Raffin de Repentigny, en compagnie de près de cinquante autres auteurs. Cinquante. Comme dans 5-0, la moitié de 100. Trèèès impressionnant.

Bravo.

Mes achats sont des romans de Marianne Marion, INGWE, et de David Descôteaux, Addelion. J’ai fait leur rencontre sur place. Hâte de lire ça.

On voit partiellement les auteurs à l’arrière-plan 😉

C’est toujours un plaisir, ces événements. J’ai pris quelques photos pour mémoire:

Bref, que du bon.

VV

Visiter Québec autrement?

Tu passes par Québec cet été? Bonne idée. Maudite belle place… Voici un conseil pour profiter pleinement de ta visite. Lis L’Empire bleu sang et marche sur les traces de ma terrible histoire. Tu vas voir les choses différemment.

J’en ai la preuve.

Le 9 avril 2026, le Salon du livre international de Québec battait son plein — j’y étais. ICI Première de Radio-Canada y enregistrait une émission spéciale de Il y aura toujours la culture avec Émilie Perreault. L’animatrice a lancé le défi à trois invités de défendre un livre qui représente Québec dans un « combat des livres amical ». La chouette Marie-Ève Sévigny a choisi de présenter L’Empire bleu sang.

Elle a voulu penser en dehors de la boîte, affirme-t-elle d’entrée de jeu. Et elle a remporté la palme décernée par Marie-Renée Lavoie! Elle a parlé de mon roman comme d’une « fresque de Québec complètement hallucinée. Une plume très vive. » Bref, en lisant mon roman, on re-visite la ville en l’imaginant autrement.

Pourquoi pas?

Le segment se trouve ICI, ça s’écoute tout seul en une vingtaine de minutes.

(Hé, as-tu remarqué que j’ai ajouté la couverture originale à ce billet de blogue?)

VV

Monte-Cristo: respect pour le titan

Je peux maintenant le dire: j’ai écrit une version horrible et contemporaine de l’œuvre-phare d’Alexandre Dumas, j’ai nommé Le comte de Monte-Cristo. (Tu vas pouvoir lire ce nouvel opus à l’automne 2026.) Il se trouve là tout à la fois un vertige et une grande fierté. Je l’ai répété ad nauseam, depuis mes toutes premières entrevues comme romancier: Monte-Cristo est à l’origine de mon goût des livres. J’ai une foule de publications de médias sociaux où j’évoque ce roman. Cette histoire m’a complètement subjugué.

Monte-Cristo est à l’origine de mon goût des livres.

Pour la petite histoire, en 1985 ou 1986, je ne sais plus trop, j’avais découvert une longue série de livres de poche dans la bibliothèque de la chambre de mes parents, des volumes beiges et poussiéreux. Un matin, j’ai remarqué qu’il s’agissait en réalité de romans, écrits par un certain Alexandre Dumas. J’ai avalé vingt-quatre volumes de la collection, cette année-là. J’ai vécu des aventures avec D’Artagnan, évidemment, mais c’est quand j’ai rencontré Edmond Dantès que mon histoire d’amour avec la lecture a véritablement pris racine.

Le Comte m’apparaît aujourd’hui comme un ancêtre victorien de Batman. Je ne blague pas ; le malheur qui s’abat sur le personnage, sa richesse démesurée, le pouvoir de se venger – la soif de « justice »…

Avec du recul, l’essence de Monte-Cristo s’insinue dans mes propres histoires, si bien qu’on en trouve souvent des traces bien visibles dans les romans que j’invente depuis une quinzaine d’années. Vicenzo Verdier, dans mes polars, éprouve de la difficulté à départager les notions de justice et de vengeance. Jack, dans mon premier Conte Interdit, prend en main sa propre justice et il cherche un trésor. L’esprit romanesque de mon Victor-Hugo Verdier, dans L’imprimeur doit mourir, découle de la mécanique de Monte-Cristo; ce destin injuste qu’on tente de sublimer…

Bref, Vic est excité de te présenter cette version sombre et moderne.

Un contexte très particulier

Je souligne que le scénario du roman original n’est possible que parce que l’incarcération d’Edmond Dantès survient dans cette période trouble de la fin de l’époque Napoléonienne. On l’accuse en secret d’avoir collaboré au retour de l’Empereur après son premier exil. Il a donc fallu que je trouve un fil narratif qui me permette de reproduire cette chose terrible qui fait que des citoyens sont emprisonnés pour des raisons politiques, sans réel procès, pour cause de manque de loyauté…

Je dois admettre que je n’ai pas eu à chercher bien longtemps. Le contexte politique mondial actuel m’a fourni un vaste terrain de jeu. J’y reviendrai. Ça fait frisonner.

VV

Nostalgie, quand tu nous tiens

En veux-tu des photos d’archives? J’en ai pour 16 ans de matériel ici. Regarde un peu ce que j’ai retrouvé.

Je suis à moderniser mon site Web – il était temps, me diras-tu. Je te répondrai que oui. Passons. Moderniser implique une plongée dans le passé.

Dans l’ordre:

  • De la musique et des photos artistiques de Vic Verdier (le vieux, mon grand-père);
  • Une photo d’auteur en 2010, complètement ratée, où j’essaye un nez de clown sur mon front — je travaillais au Cirque, hein?;
  • Elmore Leonard, mon maître à penser, à qui j’ai consacrer le premier « Vic a lu pour toi »;
  • Une des photos « humoristiques » pour le lancement de mon premier roman… celle-là disait que le livre apportait du plaisir (subtil);
  • Le Comte de Monte-Cristo, parce que je parlais de mes influences littéraires;
  • Vic au volant… un podcast sur Youtube avant les podcasts (ça se trouve encore);
  • Des images de la bande annonce du « Moderne Cabaret », avec Christine Beaulieu et Christian Grenier (et Pat et Pascal et tous les autres);
  • Un dessin de mon ami Sagana pour la couverture originale de « L’Empire bleu sang »;
  • Une image artistico-symbolique parce que j’avais le clavier en feu;
  • L’image d’inspiration qu’il y avait sur la première page du manuscrit de « Cochons rôtis »;
  • Ma face quand j’ai gagné le Jacques-Brossard (il faisait chaud);
  • Ma première incursion dans un palmarès de ventes;
  • Une sortie de pandémie dans une salon clandestin;
  • La première rencontre avec un de mes romans hors du Québec, à la FNAC des Champs-Élysées.

Bref, j’en ai de affaires dans ce blog/site Web. Fouille, si tu veux rire 😉

Ciao,

VV

Vic a lu pour toi: Elle devient rafale par Anne De Léan

Anne est une amie, je te préviens. L’amitié que je lui porte n’a rien à voir avec l’appréciation de son premier roman que je m’apprête à t’offrir. Ce roman, Elle devient rafale, n’a pas besoin de copinage pour attirer les bons mots.

Anne écrit vraiment très bien. Elle sait raconter des histoires.

Que dit-on à l’arrière de ce court roman? “Campé au cœur de la tempête historique de mars 1971, Elle devient rafale explore avec sensibilité les dilemmes intérieurs de Marie, René et Sylvie alors que toute la province est paralysée par la neige. Trois quêtes identitaires qui se déploient sous fond de tensions sociales dans un Québec en pleine mutation, tiraillé entre tradition et modernité.

N’est-ce pas dans la tempête qu’on se révèle à soi-même?”

C’est joli tout ça, mais ça n’explique pas la force de ce livre.

Anne a choisi trois personnages à trois décennies d’intervale: 16, 25, 37 ans. C’est un éventail très révélateur. Sylvie, toujours au secondaire, a la fameuse idée de suivre son amie délurée pour une virée à Montréal à partir de Drummondville… au moment où la tempête va s’abattre sur le Québec. René, commis dans un journal, rêve de tellement plus que c’en est malaisant. Il brave la neige pour rejoindre Parthenais, où se déroule le procès des felquistes, et où il espère dégoter le scoop qui va le faire avancer dans la boîte. Marie, elle, est prise au piège dans la banque où elle travaille — à moins que le piège soit celui de ses responsabilités d’épouse et mère qui l’étouffent depuis seize ans?

J’ai aimé:

  • La langue vivante et bien ancrée dans le Québec des années 1970. Ça donne du relief au roman et ça fournit des moments de lecture éclairants;
  • Les courts chapitres punchés qui alternent entre nos trois moineaux et leur trajectoires bouleversées par la tempête — ce rythme favorise l’efficacité narrative et permet à Anne de nous offrir des passages parfois franchement très drôles (ma blonde m’a entendu rire à plusieurs reprises);
  • Les habiles flashbacks qui, un peu à la façon d’autant d’égarements momentanés, nous entraînent dans l’origine des complexes et des aspirations des personnages;
  • Le contexte historique, rapidement campé, qui nous rappelle que cette société était la nôtre il y a peu encore;
  • Le fait que les problèmes, doutes, espoirs et ambitions de Sylvie, René et Marie résonnent toujours en 2026.

Bon, est-ce que je t’ai convaincu de te lancer dans ce roman? As-tu envie de braver la tempête?

Je l’affirme haut et fort: c’est un cadeau à se faire. On a tous rêvé de briser nos carcans, on a tous pris de mauvaises décisions en essayant d’améliorer notre sort, on a tous eu la chienne quand une situation qu’on croyait sous contrôle s’est mise à déraper. Surtout, on a tous eu le goût, au moins une fois, de simplement se dire: “Ah, pis, fuck it, je l’fais. ”

Moi, en tous cas, ça m’est arrivé. Elle devient rafale, c’est ça, mais en mieux.

VV