Histoire d’horreur

Une surprise pour le Vic. Et pour toi aussi, j’imagine.

Je viens tout juste de me permettre un interlude très intéressant dans le monde de l’horreur sanguignolante. Ouaip. Après le steampunk de Grand Mal (toujours en quête d’un éditeur), Vic vient d’écrire une macabre variation sur le thème du camping d’horreur. Tu sais bien: des jeunes, du sexe, un feu de camp, une légende à glacer le sang, un tueur… deux tueurs? Je commence mon incursion en terrain connu. Pourquoi pas. J’étais en train de me romancer le Québec de 1919, lorsque j’ai eu envie d’une pause.

Mon « incartade » m’a beaucoup amusé. Si tu me lis cette affaire-là un jour, tu me trouveras peut-être un peu bizarre de dire que je me suis amusé à écrire quelque chose comme ça. J’en conviendrai alors avec toi volontier.  Le résultat est un micro-roman, une novella, une longue nouvelle (10 100 mots, en tous cas) que je destine à une maison d’édition en particulier. Pourquoi celle-là? Parce que ce sont justement ses critères de soumission de manuscrits et ses appels d’offre sur Facedebouc qui m’ont donné le goût de jouer à Romero sur papier. (Ouais, Romero. Je ne vais tout de même pas me comparer à Stephen King. Ce serait prétentieux. Pour l’instant.)

Je te donne le début du texte en avant-première, tiens:

On se lasse plutôt vite de torturer des animaux. C’est vrai. Moi, à quatorze ans, j’étais déjà rendu ailleurs. Les insectes sont des proies faciles et personne ne te juge parce que tu as écrasé une fourmi. Tout petit, on te remercie de débarrasser la maison des indésirables. « Sept araignées en une seule journée? Bravo Michaël. » (Avec le temps, ils diront : « Il est pas un peu bizarre, ton garçon? C’est quoi son affaire d’arracher les ailes des mouches? » Mais pas au début. Au début, tout va bien pour tout le monde.)

Alors les gens comme moi commencent avec des insectes. Sous la chaussure. Entre les doigts. Ça craque. Ça se distend sous la pression. Et survient le premier frisson. Qui disparaît trop vite. Une grosse blatte entre le pouce et l’index, le jus qui coule, mais la sensation attendue ne se produit pas. Mon Dieu que j’ai cherché comment retrouver le plaisir d’écraser de petit êtres vivants. Jusqu’au déclic.

Jusqu’à nouvel ordre, ce projet s’appelle Lac au Sable. (Juste parce qu’il y en a tellement qui portent ce nom-là au Québec. Et que l’horreur se nourrit d’abord du banal, pas de l’extraordinaire.)

Je te livre mes impression sur cet exercice de genre…

  • Une histoire d’horreur n’a pas besoin de beaucoup de descriptions des personnages – on les connaît pas mal déjà et ils ont des fonctions plutôt établies qui les campent dans leur rôle sans besoin de forcer.
  • Une histoire d’horreur, où les gens sont battus et assassinés, demande beaucoup de description de l’action. Il m’a fallu trouver un équilibre entre le descriptif nécessaire et la morne narration des gestes. J’ai finalement tenté de donner un relief à la tension, au suspense, avec des phrases très courtes. À la limite du saccadé.
  • À l’écrit, il est impossible d’utiliser la musique pour rendre inquiétantes des images insipides.
  • On ne peut pas non plus faire faire le saut au lecteur en présentant une image floue, pendant une fraction de seconde, avec un bruit de fracas. (Dans un film, la victime en devenir vas ensuite dire: « Ouf! ce n’était qu’un chat… » Puis l’extrémité de la machette du tueur va lui sortir la poitrine au son d’un accord de piano et basta!)
  • Il est facinant de raconter une action du point de vue de l’agresseur au lieu de l’agressé. Mais il faut ensuite trouver une façon de surprendre le lecteur.
    Tu me diras ce que tu en penses… un jour, j’espère.
    Autour d’un feu. Dans le bois.

Je me suis mis à la guitare, je t’avais dit ça? Tu vois le lien? OK.

Je vais maintenant pouvoir me replonger dans mon 1919 romancé… je me suis d’ailleurs procuré la série Boardwalk Empire, pour m’inspirer un brin.

VV

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