Vic a lu pour toi: La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen

lancement-la-deesse-des-mouches-feux-au-patro-vys-178292Vic a beaucoup aimé ce roman que Geneviève Pettersen lui a aimablement dédicacé au Salon du livre du Saguenay. Elle y a inscrit de son écriture souple qu’il s’agissait d’une histoire de « petite crisse ». Je m’y suis frotté et j’en suis ressorti avec un grand sourire niaiseux et le goût de continuer à me plonger dans cet univers familier et pourtant si éloigné de moi.

Geneviève m’a permis de retourner à ma propre adolescence. (Je corresponds aux personnages les plus âgés de son roman, quelques années de plus que la narratrice – elle-même une des petites crisses annoncées dans la dédicace.) Je ne pensais pas que cette version inachevée de moi-même était encore aussi vive avant de lire son livre. Pendant longtemps, je l’avais remisée dans une boîte au fond de mon esprit, en état de latence. Mais La déesse des mouches à feu l’a fait ressurgir avec un délice surprenant. Je t’invite à lire, toi aussi. Passe pas à côté, c’est chez Le Quartanier. Je t’explique pourquoi. Lire la suite

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Vic a lu pour toi: La chorale du diable de Martin Michaud

cover-diable-bigJe désespérais de trouver un romancier québécois capable de m’offrir un univers policier qui me happerait comme certains auteurs étrangers arrivent à le faire. Maintenant, j’ai Martin Michaud et son enquêteur, Victor Lessard.

Si je n’avais pas aimé, je n’en parlerais pas. Lessard, dans sa deuxième enquête publiée – il y en a trois, presque quatre -, m’a accompagné en voyage au bord de la plage.

De quoi s’agit-il, en gros? D’un enquêteur du SPVM qui a des relations explosives avec sa hiérarchie, mais de fidèles collègues — d’un père dont les paramètres familiaux sont lourds et complexes, tant dans son passé lointain que dans son passé récent — d’un homme qui cherche à aimer sans top savoir comment — d’un gars qui essaie de ne pas sombrer dans la dépression et l’alcoolisme. Lessard, en pleine semaine de pluie du mois de mai, tombe sur un drame familial sauvage dans lequel le mari semble avoir tué femme et enfants à coups de hache avant de se trancher la langue et de se donner la mort. La haute-gomme désire une enquête rapidement bouclée, mais Lessard sent que quelque chose cloche. Ses soupçons sont bien mal reçus, puisque son propre père s’est lui-même rendu coupable d’un crime semblable — ce qui jette une ombre sur ses déductions. Au fil de l’enquête, Lessard s’enfonce dans une mécanique terrible qui l’éloigne de plus en plus de son rôle de policier et de plus en plus de celui du justicier.

Dans ce roman, le lecteur a droit à tout ce qu’on associe normalement aux univers américains. Montréal devient New York ou Los Angeles. (Que j’aime ça!) On assassine, on prend en embuscade, on blesse par balle, on kidnappe, on torture, on poursuit, on s’introduit par effraction, on songe au suicide… et on sacre! Ce joual québécois nous rappelle où l’action se déroule, tout comme les descriptions des recoins de la ville. Merci, Martin. Lire la suite

Vic a lu pour toi: Les fantômes fument en cachette de Miléna Babin

r_652Miléna Babin arrive à faire ce que je ne sais pas faire. Elle écrit des choses qui me sont inaccessibles. Elle mérite une brouette de bravos.

Les fantômes fument en cachette est publié chez XYZ et il s’agit de son premier roman. Je recommande sans hésitation. (Je l’ai lu en e-pub et je ne n’ai pas l’impression que ça m’ait fait mal.)

Maeve vit sur la rue Cartier avec son plan de verveine, son chat, ses textes à réviser. Elle joue à l’ange gardien pour sa voisine âgée en attendant le retour de Fred, son amie la plus proche. Elle aime Loïc depuis toujours, d’un amour en douleurs et brûlures de cigarettes et Max, aussi, peut-être. Entre la Haute-Ville, Limoilou et le Chalet, elle se perd, change la couleur de ses murs, écoute de la musique, brise des cadres de photos, grille des cigarettes, essaie de jouer à l’amie avec la blonde de Loïc, joue à la mère avec la petite Kancelle, fait du ménage, se retrouve presque, se sent trahie, jette un album au feu et chasse les fantômes qui fument.

J’ai une douzaine de tours du soleil d’avance sur Miléna. Autant dire une éternité. Mais nous avons Québec en partage, l’Université Laval, et le goût d’écrire. Je ne m’attendais à rien avant de lire le roman. Quelques échos positifs, une jolie couverture, l’idée que quelqu’un qui s’engage envers la radio et le journal étudiants mérite d’être lu. Et paf! Surprise!  Il y a de L’appartement du clown dans cette fumée de fantômes. (Ben oui, c’est mon blogue, alors je retourne tout vers mon nombril. Tu t’attendais à quoi?) Lire la suite

Vic a lu pour toi: Replay de Ken Grimwood

La version originale

La version originale

En fait, je l’avais déjà lu (ce qui tombe à point pour ce roman).

La première fois, c’était à la fin des années 1980. Ma mère était abonnée à une collection de romans qu’elle recevait par la poste et qui, une fois qu’elle les avait dévorés, allaient s’aligner dans la bibliothèque de sa chambre. Une longue série de romans aux titres embossés, bronze, sur fond de simili-cuir marron. (Tu t’en souviendrais sûrement, toi aussi, si tu en voyais un exemplaire. Je ne me rappelle plus de l’éditeur…) Il me semble que les Robert Ludlum m’avaient attirés au départ, mais celui qui m’est resté dans la tête… c’est Replay. La traduction m’avait parue bonne sur papier.

Pour mon deuxième passage, je me le suis procuré en anglais, sur mon iPhone. Et je l’ai encore avalé tout rond. J’y ai aussi trouvé bien plus qu’une agréable sensation de déjà lu. J’ai eu un plaisir fou à me faire reprendre au piège, quoique de façon différente. Je suis plus vieux.

En bref: Jeff meurt dans son bureau en octobre 1988. Le téléphone lui tombe des mains et la crise cardiaque le terrasse. Il ouvre les yeux dans son lit. Celui de sa première année d’université, 25 ans plus tôt. Il se souvient de tout ce qu’il a vécu, mais le monde, lui, est simplement de retour sur sa course originale.

Replay fait partie de ces livres que vous lisez en espérant secrètement que la même histoire vous arrive. (Quand un auteur réussit ça, il faut reconnaître son talent et essayer de ne pas trop le jalouser.) Il ne s’agit pas d’un chef-d’oeuvre de littérature dont les mots, entrelacés, vous bercent l’âme. Non. Par contre, ce n’est pas mal écrit non plus. Le style est clair. Le déroulement, précis. On y trouve quelques belles images.

Mais ce qui vous fait tourner la page, encore et encore, c’est que Grimwood fait faire à ses personnages ce que vous feriez vous aussi, à peu de choses près. Vous avez la chance de tout reprendre depuis le début vous… utilisez votre prescience  pour amasser des tonnes d’argent? Oui. Vous… désirez vous réaliser pleinement, juste pour voir? Of course. Vous… essayez des choses que vous n’aviez pas été capable de faire durant votre premier passage? Por supuesto. Vous… vous retrouvez fin seul et vous vous demandez si cette existence est une version de l’enfer? Des extra-terrestres vous ont choisi comme rat de labo? Oui, oui, oui.

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Vic a lu pour toi: Corbeau et Novembre de Stéphane Achille

Corbeau_et_NovembreCharles-Alexandre a vécu un dur été 1984. Il le porte en lui depuis. Le jour de la mort de sa mère, des années plus tard, il commet une bourde au travail et s’emmêle les pinceaux à essayer de reprendre le contrôle de sa vie professionnelle. Tant qu’à y être, de sa vie personnelle aussi. Et cet été 1984 qui remonte à la surface. Tout part de là, non? Comme moi, comme toi, comme tout le monde… on se réveille un matin et on est forcé de constater qu’il y a quelque chose d’irrésolu en nous. Cette plaie nous démange, toujours à vif, alors qu’elle n’est plus qu’une ombre sur la peau; il n’y a plus rien à gratter.

Tu sais que je ne parle que des romans que j’ai aimé (sauf Acide sulfurique d’Amélie Nothomb). Corbeau et Novembre, j’ai beaucoup aimé; je l’ai même offert en cadeau. Faut aimer, pour faire ça. Bon. Donc, pas de doute, j’ai aimé.

Pourquoi? Ben oui, hein? Pourquoi? Viens lire ma liste. Lire la suite

Vic a lu pour toi: Acide sulfurique d’Amélie Nothomb

AC-Sulf_ANothombJ’ai pas aimé du tout. Pour plein de raisons. Mais je ne lui en veux pas, à ce livre – ce n’est pas lui, c’est moi. (Et, comme promis, je ne dirai pas de choses méchantes, tu vas voir.)

Je me disais depuis longtemps que je devrais lire un roman d’Amélie Nothomb. J’ai lu tellement de choses pas intéressantes… et Miz Nothomb m’arrive quand même avec force recommandations. Voici donc le Vic à l’urgence de l’Hôtel-Dieu, où il est impératif de se trouver quelque chose à lire pour oublier les plaintes des pauvres dames âgées qui souffrent. Ma solution, Amélie Nothomb. Le titre m’inspire. Les Internautes me le suggèrent sans réserve. Science-fiction. Je plonge.

Quelques minutes plus tard, j’en émerge. C’est déjà terminé. Et la vieille dame qui répète: « ayoye! ayoye! ayoye! vous me faites mal… » Trop court. Frustré, le Vic.

Quand même, de belles trouvailles: l’idée même du roman (un camp de concentration qui sert de théâtre pour un show de téléréalité), le désir sexuel qui se cogne aux besoins primaires, le personnage du kapo féminin et son soliloque intérieur rempli de vide. Belles trouvailles. Lire la suite

Vic a lu pour toi: 11/22/63 de Stephen King

11/22/63

11/22/63

Bon. Bon. Bon… 11/22/63, par ce monument de la littérature américaine qu’est Stephen King, aurait pu être le pire navet qui soit jamais atterri entre les mains de Vic. Mais non, paaaaaaaaaas du tout. Si je commence par la fin, je dis : précipite-toi pour lire ça. Il y avait trop longtemps que je n’avais pas été pourchassé par une histoire. Le goût d’en savoir plus, la tentation de lire une peu partout, n’importe quand et tout le tralala. Ça marche. Est-ce parce que la recette—on parle de King, quand même— est éprouvée? Non. C’est juste parce que 11/22/63 est un fichu de bon roman.

Pourquoi avais-je peur du navet? Mais parce qu’on parle de l’assassinat de JFK (d’où le titre du roman, il est mort ce jour-là…) et de voyage dans le temps, ce qui peut goûter pas bon très vite. Donc, d’un côté il y a le gigantesque thème de la mort la plus célèbre du 20e siècle et, de l’autre, le sempiternel thème de notre capacité à changer le passé. Pourquoi ne suis-je pas en train de te dire de ne pas t’approcher de ce livre, mais au contraire de t’y plonger? Parce que Stephen King est un équilibriste. Un magicien. Parce que j’ai eu un plaisir fou à lire ça.

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