Pleurer en lisant: D’autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère

Je sais, c’est con de verser des larmes en déchifrant des mots qui parlent de gens que je ne connais pas sur une page blanche. Et pourtant, pourtant, c’est ce qui m’est arrivé hier soir. Il faut croire que les gens que je connais s’y retrouvaient un peu.

Mon ami JF Kane me prête un livre supposément très beaucoup à lire. D’autres vies que la mienne, par Emmanuel Carrère. Il me dit que ce n’est pas vraiment un roman, plutôt un récit et que c’est LA chose à lire présentement. J’hésite, je ne suis pas un fan des actualités littéraires. Et je trouve la proposition quasi tragique: « …témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde: la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. » Je me dis que je ferai semblant de l’avoir lu. J’ouvre quand même, au cas. Je me rends compte que la première mort dont il est question se produit dans le tsunami du 26 décembre 2004. Bon, je suis curieux parce que je m’intéresse à l’événement pour la suite de L’adc.

Je suis bien content d’avoir été piqué par le contexte – ce livre mérite d’être lu.

Lire la suite « Pleurer en lisant: D’autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère »

Extrait : Junior et Vic Chez Micheline

Attention, cette fois, j’y ai mis du jus ! Tout un troisième extrait de L’appartement du clown.

On y entre Chez Micheline, on apprend comment enlever des taches de moutarde sur des sous-vêtements, on calcule combien d’argent Phil Collins faisait en 1998, on soupçonne qui est Micheline, on se frotte au test de la lampe d’Aladin, on voit Gus ne pas juger ses clients, on constate le mystère du cahier jaune de Junior, bref on a un texte rempli de trucmuches et autres oligo-éléments.

Lexique culturel pour faciliter la lecture :
Ftata – Festival transatlantique des arts du trottoir d’Asbestos
Djépi – Nom de clown de Junior Savard (en l’honneur du pape d’avant Ben/16)
AAM – Association des artistes montréalais

Amuse-toi bien, lecteur chéri, et ne te prive pas pour commenter vertement mes tentatives de te plaire.

VV

Facebook? Où est le book là-dedans?

Popularité!

Moi là, je suis perplexe. J’existe dans le monde des www à plusieurs endroits, mais je ne suis pas sûr que j’existe efficacement…  Prends Facebook. On peut y trouver JE, bien sûr. Vic Verdier a des « amis » qui le suivent sur Facebook (s’ils n’ont pas bloqué ses statuts) – c’est bien non? J’en ai 152, as we speak. Je trouve ça bon. Mais l’est-ce vraiment? (Je suis loin de la rondelle d’oignon qui est plus populaire que Stephen Harper ou des millions de gens en faveur du mariage gai. Je compare des pommes et des oranges, je sais.)

Je me suis donc amusé à trouver des littératureurs qui font une utilisation similaire de Facebook. Y a-t-il des auteurs qui parlent de leur patente là-dessus? Pas beaucoup. C’est une affaire d’initié, je pense.

Lire la suite « Facebook? Où est le book là-dedans? »

PORC-ÉPIC, j’en veux encore

Je suis allé voir Porc-épic à l’Espace GO. Pour me faire du bien, pour voir du théâtre rondement mené et pour me sauver de mes marmots. Ben quoi? Je joins l’agréable à l’agréable… je te conseille de faire de même.

Résultat: un bon, bon, bon moment de théâtre. La scène ouverte, avec le décors hétéroclite qui attend dans la pénombre, les comédiens qui se placent pour donner la pièce – comme des coureurs sur la ligne de départ -, les spectateurs qui acceptent la convention: soit que ces ombres ne seront vraiment là que lorsqu’elles entreront en jeu. La salle qui retient son souffle et se demande ce qui se passera dans l’univers biscornu suggéré par la scénographie inspirée… que ça fait du bien. Moi, ça m’a fait du bien.

Lire la suite « PORC-ÉPIC, j’en veux encore »

Des vraies menteries, svp!

Raconte-moi des mensonges...

Je cherche des menteries! Des vraies! Comme tu le sais, je suis en train d’écrire la suite de L’appartement du clown. Dans l’histoire que je suis à bâtir, j’ai un nouveau personnage que j’appelle affectueusement le Menteur. (M majuscule.) Le gars a tout vu, tout vécu, exagère tout, s’empêtre dans ses mensonges et ainsi de suite. Très attachant.

Je suis donc à la recherche de situations inspirantes que tu aurais toi-même en tête. Des histoires rocambolesques racontées par des gens sans scrupule capables de mentir sur la couleur de leur peau en plein soleil. Des anecdotes de vendeurs de chars usagés, d’arracheurs de dents ou de maris à maîtresses. Je te lance ce défi, il me faut du jus!

Par ailleurs, si tu avais aussi quelques jokes d’une platitude sans nom à raconter, ce serait utile également. Pas pour le Menteur, mais pour un autre… je t’en reparlerai.

Donc, menteries et jokes plates, svp. Gâte-toi. C’est rare que ça arrive.

Commentaires!

VV

Battre le fer… le deuxième extrait!

Bon, cette fois, je te donne quelques pages sur le Tour de l’Amour. Amuse-toi bien avec le deuxième extrait!

L’appartement du clown offre comme ça quelques bribes de sagesse universelle que je partage avec toi, ami lecteur. En plus du Tour de l’Amour, je te parlerai de la théorie du spaghetti, de la philosophie du pourquoi-pas, des ruptures du lundi, de la communion matinale dans le trafic montréalais et j’en passe.

Cette séquence suit la précédente… presque. On a sauté quelques pages, mais à peine.

Pour moi, c’est un extrait bonus. Court et sucré, comme disent les Anglais. Je l’offre donc dès aujourd’hui au lieu d’attendre une semaine.

Bonne lecture.

VV

Le premier extrait: dans le vif du clown!

Je ne pensais pas que j’avais couvert autant de terrain en si peu de pages. Pu-rée! Je croyais commencer tout doucement, mais j’avais tort.

Vois-tu, je viens de me relire en utilisant le lien de l’article précédent (Extrait de L’appartement du clown: au commencement… ) – comme tu le ferais, toi. Je suis surpris de voir que l’essentiel des particularités propres au roman y est condensé. On y rencontre Papi Verdier, Jas et Oliver; on utilise plein de parenthèses, de longs tirets, d’apostrophes au lecteur; on a droit à une première chanson (du Ferré, quand même); on y boit un ou deux p’tit coup(s); on mentionne le Dolcetto; on parle d’une sauce à spaghetti « chanvrée »; on cadre le papa et la maman de Vic; on frappe déjà à la porte sur l’avenue Casgrain!

Moi qui pensais que je prenais mon temps pour installer l’action… finalement, pas tant que ça. Je me disais que j’aurais dû commencer avec un extrait plus hot, plus live, plus tard dans le roman. Pas besoin. Avec un premier extrait qui correspond aux premières pages, j’ai l’impression qu’on est dans le vif du clown. Je suis heureux d’avoir commencé par le commencement, voilà.

Ça doit être la mise en page de pro qui me désoriente. J’ai le feeling de lire quelque chose qui n’est pas de moi. (Mais c’est joli, non?)

Ou bien, c’est le fait de couper abruptement. La technique du teaser fonctionne dans mon cas. C’est con, hein? Ne pas oublier que je l’ai écrit, le livre…

J’avais peur de ne pas aimer. Finalement, ça va. Vic est content.

VV