André Perron dans le peau de Vic

J’ai trouvé la bonne bouille pour incarner Vic Verdier dans la bande annonce du Moderne Cabaret! Il s’agit d’André Perron, vers qui mon ami Alain m’avait poussé. (Merci Alain).

J’en profite pour remercier Benjamin  Dubois, Christian Grenier et Christine Beaulieu qui joueront, respectivement Oliver, Ben et Fred. Il faut aussi lever votre chapeau à Véronique St-Germain, qui offre son talent de maquilleuse F/X.

Vous êtes des gens généreux et disponibles aux idées de fou!

VV

Les personnages du Mile End

Tout autour de L’appartement du clown et du Moderne Cabaret gravitent des personnages. (Sinon, ce ne serait pas un roman, non?)

Que d’agréables créatures à côtoyer. Je te fais les présentations.

Vic Verdier

Vic est le narrateur de l’histoire. Il vient de Québec, a fait des études en muséologie, joue du piano à l’oreille et travaille pour la mythique Constellation Blackburn. À 25 ans notre héros ne sait pas où s’en va sa vie. Il décide de laisser Copine pour emménager en plein coeur du Mile-End, chez le clown Junior Savard, lui-même voisin des deux meilleurs chums de Vic, Jas et Oliver.  (Jusque là, tu me suis?) Il rêve parfois d’ouvrir un cabaret très spécial, juste pour se faire plaisir.

Vic n’a pas de cheveux, mais il est plutôt grand et il a la chance de pouvoir faire changer la couleur de ses yeux (pas mal, non?).

Papi Verdier

Papi est le grand-père paternel de Vic. Papi était un homme d’affaire, son entreprise aiguisait les couteaux de la grande région de Québec… alors qu’il aurait souhaité être musicien. Son rêve ne s’est jamais réalisé. Aujourd’hui, il est toujours occupé à courir la galipote et à fréquenter les milieux branchés. Il se prend pour une vedette.

Papi est dans la vie de Vic comme un de ses meilleurs amis. Il arrive toujours quand on ne l’attend pas. Papi Verdier est mort depuis 1992.

Jas (Jasmin Cardinal)

Ami et voisin de Vic, Jasmin est un créateur. Il a toujours un appareil photo en bandoulière, ou un plan de scène sous le bras. Ancien joueur de basket déçu (on ne peut rien contre la nature: Jasmin est petit), Jas vibre au rythme de ses passions.

Oliver (Ken Oliver)

Ami et voisin de Vic, Oliver est un agronome sérieux qui brûle aussi les catwalks en tant que mannequin. (C’est d’ailleurs chez les autres mannequins masculins qu’il déniche ses one-nights.) Cordon bleu inventif, hôte attentionné, il est connu qu’Oliver fait pousser une marijuana de grande qualité avec laquelle il confectionne, notamment, une sauce à spaghetti chanvrée et un gâteau marijuana-carottes, glaçage aux agrumes.

Douze (Xavier Inocienso Isquierdo)

Douze est l’ami Chilien de Vic. En plus d’être un philosophe de premier ordre, Douze possède un mojo de grande puissance qui lui permet de séduire la gent féminine malgré un surplus de poids important et des choix vestimentaires doûteux. (On l’appelle Douze parce que ses initiales donnent XII.)

Junior Savard

Voici le clown de l’appartement. Junior est plus agé que Vic et ses amis. C’est un père monoparental une fin de semaine sur deux qui fait le circuit des scènes underground avec un numéro de clown spirituel. Junior a le coeur sur la main, des goûts luxueux et croit à la pensée magique.

Arielle Cousteau

Arielle est la jolie voisine qui habite au-dessus de l’appartement du clown. Elle exerce normalement le métier d’infirmière à l’étranger avec Médecins de Brousse, mais elle a aussi des talents de barmaid qu’elle utilse entre deux voyages humanitaires.

Réginald Blackburn

Réginald est le grand patron milliardaire de Vic. C’est un génie. Il a fait fortune dans la finance de haute voltige, pour ensuite lancer des technologies de pointe et finalement devenir LE producteur de showbizz le plus en vue de la planète. Tout lui réussit… et on l’aime malgré soi.

Fred (Violette Fredorovna)

Fred est une amie d’enfance de Vic et une collègue de travail d’Oliver. Elle s’est déjà investie dans des causes environnementales, mais a été déçue des vacheries qui pourrissent le monde. Elle donne maintenant dans la décontamination des sols, c’est plus concret. Fred a une chevelure luxuriante qui répand des bouffée de bonheur sur son passage.

Claude

Claude est un de ces personnages ambiguës qui peuplent les balcons de Montréal. Immuables observateurs du quotidien, ils savent tout sur tout le monde et ont des opinions à partager. En plus on dit que Claude a des dons – faire cesser les saignements de nez, rendre fertile, assurer le beau temps – qu’elle offre aux gens du quartier.

Cat (Catherine Oliver)

Cat est la demi-soeur d’Oliver. Sa maman Franco-Sénégalaise lui a donné une peau lisse couleur chocolat et une trace d’accent européen. Elle sait ce qu’elle veut dans la vie; tant en matière d’homme (des vrais, s’il vous plaît), qu’en matière professionnelle (elle rêve de prendre sa place dans le monde de la haute-couture).

***

Ne pas lire la suite si tu as envie de tout apprendre par toi-même… Dans Le Moderne Cabaret, on rencontre:

Rose Fredorovna

Rose est la soeur de Fred. Quelques descriptifs: beauté, superficialité, violoncelle, Pepsi, fille-à-papa, chemise transparente et envie de participer à Occupation de Couple.

Nick (le menteur)

Nic est le nouveau coloc de Junior. Il ment comme il repire. Peut-être plus.

Ben

Ben est l’ex-chum de Fred. On lui prête un passé trouble.

Raoul Blackburn

Raoul est le grand-frère de Réginald. Il s’occupe de Blackburn Construction. Ce n’est pas toujours drôle d’être le frère de l’autre…

Simon Savard

Simon est le fils de Junior. Avec l’entrée au secondaire, il se prend pour un tough. Il a aussi développé une certaine expertise pour comprendre les réseaux informatiques. Il se défend plutôt bien au poker.

Maria Massouras

Maria s’occupe des communications du Moderne Cabaret. Elle jette un oeil intéressé sur le Vic – qui le lui rend bien.

Je bande annonce : cherche le Vic désespérément !

Fou comme de la marde. Vic. Moi. Fou. Je te dis.

Deux amis ont eu l’extrême gentillesse de me filer un magistral coup de main. Patricia Beaulieu et Pascal L’Heureux font équipe pour réaliser une bande annonce pour Le Moderne Cabaret.

À ce jour, j’ai trois comédiens (tellement généreux) pour trois des personnages. Mais il me manque Vic Verdier !!! On pense trentaine, on pense pas de cheveux, on pense assez grand et on me fait des suggestions – SVP. C’est pour ce dimanche, en après-midi, à Montréal ! Parle-z-enàtesamis!!

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Vic a lu pour toi: Arvida de Samuel Archibald

Ça, c’est tout un OVNI, ami lecteur. Un bel OVNI, à part de ça. Quand je l’ai ouvert, je n’avais pas pris le temps de lire l’ensemble de la couverture et je m’attendais à un roman. Nein. C’est un recueil d’histoires. Pas tout à fait des nouvelles, pas des essais, non plus, mais des histoires. Tout bonnement. Et je trouve ça casse gueule. À moins que ça ne soit bon. Très bon. Et, je dois admettre en toute jalousie, que  l’auteur réussit le tour de force.

(C’est un ouvrage à lire.)

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Vic a lu pour toi: The Sisters Brothers – Patrick deWitt

     Pis c’est bon. Vraiment bon.

     Mais à part ça? Pis pourquoi, donc?

     Ben c’est parce que M. deWitt offre à ses lecteurs un voyage magistral dans les pensées intimes d’un tueur du Far West.

     Quoi? Un western psychologique?

     Non, pas tout à fait. Je t’explique. The Sisters Brothers raconte, à travers les yeux d’Eli Sisters, comment lui et son frère Charlie vont s’acquitter d’une chasse à l’homme pour le compte d’un caïd d’Oregon City à la fin de l’hiver 1851. Le coup de génie de deWitt est de conditionner son récit par la disposition d’esprit d’un des deux tueurs et de transformer une aventure palpitante en une quête, assez progressive, vers la fin d’un mode de vie.

     Wo, Vic, veux-tu un calmant? Tu tombes dans l’existentiel, là!

     C’est parce que je m’explique mal… La chasse à l’homme des frères Sisters aurait normalement dû déboucher sur une série de scènes d’action, des coups de feu, des chevauchées, des Indiens dangereux. Un western, quoi! Et, en vérité, tous ces éléments font partie du roman. Sauf que ce qu’on retient est plutôt l’évolution de la relation entre les deux frères, puisqu’Eli, le narrateur, partage tous ses sentiments avec le lecteur. Nous sommes dans sa tête, entre son désir de connaître une femme sans la payer, son admiration juvénile pour Charlie, son rêve d’ouvrir un commerce tranquille, son attachement pour un cheval handicapé, son mépris des hommes méchants… Eli n’a rien d’un héros sans peur et sans reproche. C’est le frère à gros ventre, le suiveux, le gars qui réfléchit pas trop vite, mais si lentement non plus.

     OK, ça commence à m’intéresser, ton affaire, Vic.

     Pis c’est pas tout… En pleine ruée vers l’or, entre Oregon City et les montagnes à l’Est de Sacramento, l’auteur nous propose une suite de personnages complètement crac potes. On a un jeune garçon presque mort de faim qui attend le retour de son père dans un chariot rempli d’outils pour la prospection. On a une commis aux livres malade qui se meurt auprès d’un homme riche et violent. On a des trappeurs poilus qui sont frustrés de ne pas avoir tué l’ours au pelage roux. On a un homme qui a découvert une solution capable de faire briller l’or sous la couche de sable qui le cache dans le lit d’une rivière. J’en passe, et des meilleures. Au fil de ces rencontres, Eli s’interroge, s’engage et change de perspective sur sa vie de tueur. Un bildungroman dans l’Ouest américain.

     Donc, tu recommandes.

     Ouaip, et je ne serais pas le premier: le roman était sur la liste des finalistes du Man Booker Prize. Et, tant qu’à y être, je t’avise que je ne sais pas s’il existe de traduction en français. Je me demande si je ne vais pas offrir à deWitt de le faire pour lui… Bon ben, bye, là.

VV

Divine narration

Pour Le Moderne Cabaret, le Vic a décidé de tenter sa chance avec un nouveau narrateur. Ouaip. Non content d’avoir la chance de parler en son propre nom, le Vic a investi une deuxième voix pour raconter à peu près le tiers de son histoire. Tu ne t’étonneras pas de constater que j’aie choisi celle de Dieu… Omnisciente. Et je dois dire que je n’ai pas tellement trouvé simple cette expérience. « Mais pourquoi? » te dis-tu. « Ben, parce que c’est difficile de choisir quoi dire quand on pourrait avoir n’importe quel point de vue sur le déroulement de l’histoire – problème d’abondance. »

Je me rends compte que Vic Verdier, l’auteur, aime s’imposer des contraintes formelles qui lui tracent une ligne d’écriture avant même de commencer à écrire. Par exemple, en choisissant le « je », le « présent de l’indicatif », la capacité à « apostropher le lecteur » et les « marqueurs temporels en début de chapitre », j’ai inventé le canevas de L’appartement du clown. L’écriture s’est faite tout naturellement parce que j’avais accepté d’avance de jouer avec ces pièces-là et pas d’autres. Quand j’ai élargi mes options narratives pour Le Moderne Cabaret, je pensais me faciliter la tâche. Oh que non. Non. J’ai appris que le Vic a un peu du « régime castriste » dans sa façon d’écrire: il lui faut des interdits pour libérer ses idées…

Dans la partie qui se déroule au Chili, toujours dans LMC, il a fallu que je me contraigne « après coup ». Lors de la réécriture, j’ai opté pour une narration omnisciente, certes, mais discrète; le Bon Dieu intervient très peu, laissant la place à ma première figure imposée: le dialogue. Vic n’est pas encore Elmore Leonard,  mais il travaille sa narration par échange de paroles entre ses personnages. En faisant ça, les choses se sont mises à avoir plus de sens. Vic…toire!

Auparavant, j’avais essayé de me passer du dialogue en rapportant les paroles des différents personnages dans des paragraphes courants, sans guillemets ni tirets. É…chec.

On ne peut pas tout réussir.

VV

PS: Bientôt, je prévois te parler de la banlieue, de l’homosexualité, du mensonge, te donner des extraits du roman et essayer de filmer une bande-annonce.