« Le jeu du Démiurge », de P-A Côté, un des trois finalistes annoncés lors du Congrès Boréal.
Foule sentimentale et meurtrière

Gravure d’une émeute à Montréal en 1853
Tiens, pour te mettre dans l’ambiance de mon nouveau livre…
Extrait de Psychologie des foules de Gustave Le Bon, publié en 1895
« Quels que soient les sentiments, bons ou mauvais, manifestés par une foule, ils présentent ce double caractère d’être très simples et très exagérés. Sur ce point, comme sur tant d’autres, l’individu en foule se rapproche des êtres primitifs. […] La simplicité et l’exagération des sentiments des foules font que ces dernières ne connaissent ni le doute ni l’incertitude. Elles vont tout de suite aux extrêmes. […] Un commencement d’antipathie ou de désapprobation, qui, chez l’individu isolé, ne s’accentuerait pas, devient aussitôt haine féroce chez l’individu en foule. »
C’est un peu dans ce cauchemar que je t’entraîne.
Salut,
VV
Émeutes: un roman à la Tarantino en pleine Coupe Stanley
Je suis présentement en train de faire tout mon possible pour te proposer un nouveau roman d’ici pas long. Jusqu’à présent, la chose s’intitule Émeutes. Si j’avais à la qualifier, je dirais que c’est un « crime novel » en chassé-croisé. Il y a un peu de Quentin Tarantino dans ma proposition, un peu de Die Hard aussi, et une once de Vantage Point. WTF, dis-tu? Ben oui, pourquoi pas? Ça me ressemble. Dans le fond, c’est un thriller. Ouin, un thriller avec une sauce piquante.
Je t’offre d’abord un résumé maison:
On est le 9 juin, il est 19 h 04 et il fait très chaud à Montréal. Les Canadiens affrontent les Flames dans le 7e match de la Coupe Stanley. Vic se rend à la finale avec sa fille, sur les tout derniers dollars qu’il lui reste. Il veut en profiter pleinement, mais c’est plus facile à dire qu’à faire: il faudrait d’abord qu’il cesse de penser au suicide qu’il s’est planifié pour le lever du soleil… (Et on sait maintenant que les choses ont tendance à se complexifier dans les romans de Vic Verdier.)
Devant le Centre Bell se prépare une émeute monstrueuse. Mais d’autres émeutes font aussi rage à l’intérieur des gens qui se trouvent sur les lieux. Et celles-là sont peut-être les pires.
Autour de Vic, on assiste à un chassé-croisé violent et brutal entre une policière qui vit tant bien que mal avec les séquelles d’une agression sexuelle, un gardien de but numéro 2 qui ne sera jamais numéro 1, un conseiller politique qui espère garder son job, un groupe de petits truands qui viennent de réaliser le plus gros deal de leur jeune carrière et un chauffeur de taxi qui a un compte à régler avec le gouvernement.
Ensuite, voici, en primeur, l’ouverture du roman:
« 1. CE SOIR, TOUT EST PERMIS
Vic Verdier tient la menotte de sa fille dans sa main gauche et consulte l’heure sur son téléphone de sa main droite. Il est 19 h 04. Dans 56 minutes, les partisans des Canadiens et des Flames vont se lever pour l’hymne national, juste avant la première mise au jeu de la finale de la Coupe Stanley au Centre Bell. Dans 4 h 21 minutes – au plus tard –, son ex-femme va reprendre la petite pour la semaine.
Dans 10 h 03 minutes, Vic va envoyer un courriel à son frère :
« Sim, je me suis pendu à la grosse branche de l’érable à deux troncs, devant le lac. J’avais envie de voir le soleil une dernière fois. Pourrais-tu venir chercher mon corps avant que le voisin me trouve ? C’est pas ta faute, c’est pas la faute de personne. C’est juste moi. Tu me connais. Tu sais que je ne serai jamais capable d’imaginer la pitié, ou pire, le dégoût, sur le visage de Laurie-Anne quand elle va me regarder après tout ça. Pas maintenant, mais plus tard, quand elle sera assez grande pour comprendre. Je ne peux pas être un looser aux yeux de ma fille. Je m’excuse de te demander ce service-là, mais je te fais confiance. Je t’aime, Sim, prends soin de toi. On va se revoir, c’est sûr – s’il y a quelque chose après. »
Laurie-Anne tire sur la main de son père.
– Est-ce que je vais pouvoir manger du poffcogne ?
– Pop corn, ma grande, pop corn. Oui, on va en acheter. Ils en vendent partout à l’intérieur.
– C’est pas trop cher ?
Les derniers mois ont été difficiles. La petite a compris que la vie n’est pas gratuite.
– Ce soir, Laurie-Anne, tout est permis. C’est notre soirée folle !
Laurie-Anne vient d’avoir sept ans, mais elle a de la difficulté à prononcer certains mots. Contrairement à son ex, Vic ne s’en fait pas. Elle a tout le temps de corriger ces petits défauts de langage. Ce soir, il va l’écouter parler, rire, crier. Il veut graver son image dans son esprit. Si jamais il y a une vie après la mort, ce serait bien que j’emporte un peu d’elle avec moi. »
***
T’embarques?
Ciao,
VV
Sang d’Encre Polars se bouffe des cochons rôtis

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Une autre critique de Cochons rôtis – par Michel Dufour sur Sang d’Encre Polars.
« Je ne connaissais pas Vic Verdier avant ce roman qui m’a bien plu. […] Ça ressemble un peu à un « film de gars », la façon de rendre les relations entre les policiers me semble conforme à ces expériences de groupes de gars où se développent de belles amitiés et de grandes jalousies, mais les quelques personnages féminins ne donnent pas leur place. Le problème est bien posé et l’atmosphère assez mystérieuse constitue une toile de fond qui ressemble à celle de bien des romans classiques. »
Il accorde au polar une note de 4/5!
Cochons rôtis sur AltRockPress
Voici un extrait d’une critique qui m’avait échappée. Les cochons continuent de plaire.
« Un bon polar québécois avec une finale en deux temps. Les personnages sont attachants et l’histoire se déroule rondement, sans longueur. On reconnait des endroits de la ville de Montréal et des enjeux actuels de notre société.
L’auteur connait bien son sujet […]. L’histoire nous tient en haleine et on en vient à se méfier de tous les personnages. »
C’est d’Alternative Rock Press, sous la plume de d’Annick Larivière.
Sur Paris
Depuis le 13 novembre, on tente de rapiécer la séquence des événements lors des attentats de Paris. Deux jours plus tard, on n’en sait pas beaucoup, encore, mais ça viendra. Je compte bien que plusieurs raconteront l’histoire, en temps voulu. D’ici-là, il faut imaginer.

Alexandre Dumas, l’étranger
Moi, je l’ai d’abord rêvée, Paris. La prise de contact s’est produite quand j’avais à peine 9 ans, en lisant les lignes d’Alexandre Dumas:
« D’Artagnan entra donc dans Paris à pied, portant son petit paquet sous son bras, et marcha tant qu’il trouvât à louer une chambre qui convînt à l’exiguïté de ses ressources. Cette chambre fut une espèce de mansarde, sise rue des Fossoyeurs, près du Luxembourg. »
Je voulais, comme lui, vendre mon vieux cheval jaune à la porte de la cité et marcher vers mon destin. Je me disais que d’être Gascon à l’époque de Louis XIII devait probablement ressembler à être Québécois, de nos jours. Le gros accent, la fierté qui gonfle la poitrine, du front tout le tour de la tête, le Parisien qui ne nous comprend pas vraiment…
Tout le long des Trois mousquetaires, puis, dans Vingt ans après et dans Le vicomte de Bragelone, Dumas m’a présenté le vieux Paris, le Louvre, les portes de la ville. J’ai retenu la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Je ne sais pas pourquoi. J’avais l’impression que Porthos y buvait son vin à même la cruche en chantant, la nuit.
À mon premier voyage, je me suis assuré de trouver la rue. Et j’ai souri, la tête dans les souvenirs. Je pense qu’un ami a pris une photo. (La rue s’étend du 1er au 8e arrondissement. On n’est pas très loin du 10e.)
Il y a eu les Vargas et les San Antonio. Les films, sur les bords de la Seine et à Montmartre. Les images du journal télévisé: le carnage à Charlie Hebdo et au Bataclan. Mais chaque fois que je pense à Paris, je revois le jeune Gascon à qui rien n’est impossible.
« Un jeune homme… — traçons son portrait d’un seul trait de plume: figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d’un pourpoint de laine dont la couleur bleue s’était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d’azur céleste. Visage long et brun; la pommette des joues saillante, signe d’astuce; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portait un béret orné d’une espèce de plume; l’oeil ouvert et intelligent; le nez crochu, mais finement dessiné; trop grand pour un adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu’un oeil peu exercé eût pris pour un fils de fermier en voyage, sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval. » Le vois-tu?
VV
En signature au Salon du livre de Montréal
Salut. Vic a l’honneur de t’inviter à venir le voir – en fait, à ne pas le laisser seul – au SLM, Place Bonaventure.
Nouveauté! Nouveauté!
J’ai le plaisir de prendre part à une table ronde cette année, animée par le truculent Billy Robinson:
SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015
17 h à 18 h à la Maison des libraires avec Ariane Gélinas et Philippe-Aubert Côté.
Voici l’horaire des séances de signature (parce que je ne voudrais pas que tu manques ça):
VENDREDI 20 NOVEMBRE 2015 – mon dieu que ça finit bien ta semaine!
19 h à 20 h — kiosque 425 Joey Cornu (Empire Bleu Sang)
SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015 – quelle bonne idée, une fin d’avant-midi tranquillo, avec ta marmaille…
11 h à midi — kiosque 446 XYZ | HMH | Hurtubise (Cochons rôtis)
17 h à 18 h — Table ronde!!
DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015 – as-tu vraiment autre chose à faire?
13 h à 15 h — kiosque 446 XYZ | HMH | Hurtubise (Cochons rôtis)
15 h 30 à 16 h — kiosque 425 Joey Cornu (Empire Bleu Sang)
16 h à 17 h — kiosque 446 XYZ | HMH | Hurtubise (Cochons rôtis)
See you soon, Revered Reader.
VV

