C’était bon. Pas mal bon. Comme un gros baril de PFK à peine partagé. Du genre que tu t’empiffres comme un cochon (un gros verrat, mettons) et que tu te dis que tu regrettes, ensuite. Mais pas vraiment, parce que c’était bon, dans le fond. C’était ce que tu voulais, dans le fond. Tu dis que, normalement, tu préfères les repas équilibrés, bio, même – sauf que la dégoulinance de la friture du colonel Sanders te réjouis l’intérieur pareil. Les verrats, d’Edouard H. Bond (chez vlb éditeur), c’est ça pour moi. Un roman complexe dans sa vulgarité, qui vient te chercher aux trippes, qui te laisse sur le cul. À toi de te relever.
Vic a aimé sa lecture. Vic l’a trouvée trop courte.
Tu n’aimes pas les sacres déclinés en verbes et adverbes? La porno sur Internet te dégoûte? L’objectification du corps de la femme te répugne? L’objectification du corps de l’homme te repousse? La consommation de drogue par des mineurs te semble déplacée dans les pages d’un livre? La langue française châtiée te fait mal aux yeux? Va trouver ton plaisir ailleurs que dans Les verrats. Parce que de tout ça, il y a.
Mais il y a aussi bien d’autres choses. Chez Marco, Samuel et Dave – les protagonistes principaux de cette plaquette littéraire – il y a de la solitude partagée, un goût de vivre à fond, une acceptation résignée face à la crasse du monde, une volonté de passer au travers. Au travers de quoi? De parents qui leur sont étrangers, d’un *450* qu’ils portent comme une croix (ou une bannière), d’une adolescence rythmée par les médias sociaux.
Ça parle de quoi?















