Vic a lu pour toi : Les verrats de Edouard H. Bond

C’était bon. Pas mal bon. Comme un gros baril de PFK à peine partagé. Du genre que tu t’empiffres comme un cochon (un gros verrat, mettons) et que tu te dis que tu regrettes, ensuite. Mais pas vraiment, parce que c’était bon, dans le fond. C’était ce que tu voulais, dans le fond. Tu dis que, normalement, tu préfères les repas équilibrés, bio, même – sauf que la dégoulinance de la friture du colonel Sanders te réjouis l’intérieur pareil. Les verrats, d’Edouard H. Bond (chez vlb éditeur), c’est ça pour moi. Un roman complexe dans sa vulgarité, qui vient te chercher aux trippes, qui te laisse sur le cul. À toi de te relever.

Vic a aimé sa lecture. Vic l’a trouvée trop courte.

Tu n’aimes pas les sacres déclinés en verbes et adverbes? La porno sur Internet te dégoûte? L’objectification du corps de la femme te répugne? L’objectification du corps de l’homme te repousse? La consommation de drogue par des mineurs te semble déplacée dans les pages d’un livre? La langue française châtiée te fait mal aux yeux? Va trouver ton plaisir ailleurs que dans Les verrats. Parce que de tout ça, il y a.

Mais il y a aussi bien d’autres choses. Chez Marco, Samuel et Dave – les protagonistes principaux de cette plaquette littéraire – il y a de la solitude partagée, un goût de vivre à fond, une acceptation résignée face à la crasse du monde, une volonté de passer au travers. Au travers de quoi? De parents qui leur sont étrangers, d’un *450* qu’ils portent comme une croix (ou une bannière), d’une adolescence rythmée par les médias sociaux.

Ça parle de quoi?

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Vic a lu pour toi: J’haïs les bébés de François Barcelo

J’haïs les bébés (avril 2012) est un roman de François Barcelo que moi, je n’haïs pas. Du tout. J’aime bien et François et son roman. Il s’agit d’un titre des éditions Coups de Tête que je me suis offert en voyage sur mon itéléphone, téléchargé là-bas à partir d’un site d’ici. J’affirme au passage que je me convertis graduellement au support numérique et que ça me rassure sur ma capacité d’adaptation. Donc haine et bébés étalés sur les pages d’une plaquette qui fouette comme une cravache. Schlack!

Je suis bon public pour ce genre d’histoires. François Barcelo avait d’ailleurs déjà commis une novella chez XYZ, dans la défunte collection Kompak. Ça s’appelait Le seul défaut de la neige et je trouve d’agréables similitudes entre les deux livres. L’auteur doit y être pour quelque chose. Bref, que dire de J’haïs les bébés? Barcelo nous offre une histoire tordue qui flirte avec l’infanticide. Ça se passe à un jet de pierre du Roché Percé, la veille de Noël, dans une cabane de motel, entre une héroïne déséquilibrée qui se sauve de l’accouchement de sa fille, une barmaid blasée, une jeune maman au jugement déficient, un groupe de Français en motoneige, une chatte malchanceuse et quelques agents de la SQ. Au départ, la chose ressemble à une mésaventure tirée par les cheveux: une future grand-maman qui déteste les bébés passe les Fêtes dans le motel d’un ancien amant – au petit matin, elle trouve devant sa porte un bébé dans un panier. Voilà. Mets ça dans ta pipe. Puis, progressivement, Barcelo utilise ce prétexte pour nous jetter à la figure un polaroid cru et révélateur sur la détresse affective, la maladie mentale, la surconsommation, le jugement social… Entre autres.

Tu pensais que je te proposais une lecture facile? Nein. Pas de facilité avec M. Barcelo; du réfléchi dans un emballage claque-dans-la-face. Un beau contre-emploi, à mon avis. 

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Vic a lu pour toi: Killshot par Elmore Leonard

L’affiche du film qu’on a tiré du livre…

Bonté divine, lecteur persistant, je suis vraiment tombé sur un maître, le jour où j’ai ouvert un roman d’Elmore Leonard. (Cherche sur le blog, j’ai commenté d’autre de ses bouquins.)

Ce gars-là sait écrire. Et il a un don pour créer des situations qui démontrent le côté crade, sans relief, de personnages extraordinaires. Dans Killshot, il introduit un tueur à moitié ojibwa qui travaille pour les familles italiennes. On pense à un dur de dur, ses frères en prison, lui qui semble être méticuleux dans son travail à l’extrême… et qui raconte comment il est préoccupé par l’image qu’il projette en public. Et qui a le temps de jaser de la possibilité qu’Elvis ne soit pas mort avec une fan finie qui l’héberge et qui lui fait cuire des pâtes en conserves. Et qui se demande pourquoi il n’a pas descendu le petit truand qui a essayé de lui voler sa voiture… J’ai toujours aimé Pulp Fiction, parce que, entre les scènes d’action ou de drame, les protagonistes vivent leur vie ternes et sans intérêt. (Tu te souviens de cette conversation sur le caractère sexuel d’un massage de pied entre les personnages de Travolta et de Jackson? Ils se préparent à tuer des revendeurs à la petite semaine et ils prennent un pause dans le corridor en essayant de déterminer s’ils accepteraient un massage de pied de la part d’un homme… quel décalage magnifique qui rehausse la folie de la scène suivante – celle de la tirade de la Bible par Jackson avant le carnage.)

Dans Killshot de Leonard, on a cette impression que les personnages sont tout à fait dans leur train train malgré les événements incroyables qui surviennent. L’idée du roman est simple:

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Bande annonce: premières photos du tournage

Attention! C’est chaud! Chaud! Ça sort du four.

Ce ne sont que les premières… il y en aura d’autres. (Rince-toi l’oeil: ma photographe a fait un travail in-cro-ya-ble.)

On se donne pour la cause.

Vic… André Perron

Fred (Christine Beaulieu), avant une des scènes de la bande annonce.

Oliver (Benjamin Dubois) – on appelle ça être défiguré. Maquillage de Véronique St-Germain.

À l’oeuvre!

Tout ça a eu lieu au Cabaret du Mile End – le 25 mars 2012. Une journée de fou.

(Si tu savais comme j’ai hâte de te présenter le résultat final. Woa!)

VV

André Perron dans le peau de Vic

J’ai trouvé la bonne bouille pour incarner Vic Verdier dans la bande annonce du Moderne Cabaret! Il s’agit d’André Perron, vers qui mon ami Alain m’avait poussé. (Merci Alain).

J’en profite pour remercier Benjamin  Dubois, Christian Grenier et Christine Beaulieu qui joueront, respectivement Oliver, Ben et Fred. Il faut aussi lever votre chapeau à Véronique St-Germain, qui offre son talent de maquilleuse F/X.

Vous êtes des gens généreux et disponibles aux idées de fou!

VV