Encadrer le prix du livre au Québec

Maka Kotto (Le Devoir)

Maka Kotto (Le Devoir)

Non mais, un blog littéraire québécois et pas un mot sur le projet de loi du ministre Maka Kotto pour encadrer le prix du livre? Impossible. On propose de limiter les rabais à 10% sur les nouveautés, le temps d’une gestation humaine… Et cette mesure prend la forme d’un projet pilote, le temps que l’enfant fasse pipi sur le pot–36 mois.

On en parle depuis longtemps et je suis bien aise de voir que le mouvement ne se soit pas essoufflé. Parce qu’un corps en mouvement tend à le demeurer? Non? C’est pas ça?

Article paru dans La Presse, le 2 décembre 2013.

VV

Grand Mal se donne un visage

Le créatif qui va donner du "houmpfff" à Grand Mal.

Le créatif qui va donner du « houmpfff » à Grand Mal.

Tu ne connais probablement pas Sagana Bouffard. Mais tu devrais.

C’est un bon ami à moi. Bourré de talent. C’est à lui que j’ai demandé d’imaginer le visage de ma retrofiction steampunk. Va le visiter!

Son site.

VV

Heureux d’un printemps

ImageBon. Tu pensais que j’avais arrêté d’écrire, hein? Tu me connais encore bien mal – c’est peut-être parce que je me découvre moi aussi. Mais trève de considérations psychologico-philosophes, j’ai envie de te faire une mise à jour exhaustive de mes derniers mois.

PREMIÈREMENT, j’écris aujourd’hui sur un Mac. J’aime, comme dirait Facebook.

DEUXIÈMEMENT, mon projet steampunk destiné à un public averti a eu la bonne idée de rebondir récemment. Je suis donc encore en lice quelque part pour que ce livre en devienne un vrai.

TROISIÈMEMENT, le roman historique à saveur d’aventure (tu aimes la photo en vignette?) est prrrrrresque terminé. Dans le genre que l’action a été mise en mots une première fois et qu’il me reste le pseudo roman-feuilleton que j’ai décidé d’ajouter entre les chapitres à finaliser. Je suis sur les derniers miles. Et c’est plutôt bon:

  • Roman écrit à la troisième personne (différent);
  • Roman d’aventure qui, je crois, tient son lecteur en haleine;
  • Beau feeling d’être dans la Vieille Capitale, juste avant les années folles;
  • Impression que l’époque de la Première Guerre Mondiale pourrait devenir en vogue avec la célébration du centenaire;
  • Nouveau titre de travail: L’imprimeur doit mourir.

Je me suis surpris à plus d’une fois durant l’écriture. Ça doit être bon signe.

QUATRIÈMEMENT, je suis en train de préparer un nouveau projet et j’ai décidé de solliciter le Conseil des arts du Canada pour un petit coup de pouce. Cette fois, on s’en va dans le ici et maintenant, avec un roman sur l’échec possible de la famille, sur les dérives de la société de consommation, sur l’impossible et inévitable quête du bonheur. On appelle ça Un monde merveilleux jusqu’à nouvelle idée. (Oui, ça va se passer à Disney World… crois-le ou non.)

Bon, ben, ça me chauffe la couenne, là. C’est l’heure du souper, presque. Je te reviens sous peu.

Si t’as des questions, tu m’écris. Sans farce. Vas-y.

VV

Histoire d’horreur

Une surprise pour le Vic. Et pour toi aussi, j’imagine.

Je viens tout juste de me permettre un interlude très intéressant dans le monde de l’horreur sanguignolante. Ouaip. Après le steampunk de Grand Mal (toujours en quête d’un éditeur), Vic vient d’écrire une macabre variation sur le thème du camping d’horreur. Tu sais bien: des jeunes, du sexe, un feu de camp, une légende à glacer le sang, un tueur… deux tueurs? Je commence mon incursion en terrain connu. Pourquoi pas. J’étais en train de me romancer le Québec de 1919, lorsque j’ai eu envie d’une pause.

Mon « incartade » m’a beaucoup amusé. Si tu me lis cette affaire-là un jour, tu me trouveras peut-être un peu bizarre de dire que je me suis amusé à écrire quelque chose comme ça. J’en conviendrai alors avec toi volontier.  Le résultat est un micro-roman, une novella, une longue nouvelle (10 100 mots, en tous cas) que je destine à une maison d’édition en particulier. Pourquoi celle-là? Parce que ce sont justement ses critères de soumission de manuscrits et ses appels d’offre sur Facedebouc qui m’ont donné le goût de jouer à Romero sur papier. (Ouais, Romero. Je ne vais tout de même pas me comparer à Stephen King. Ce serait prétentieux. Pour l’instant.)

Je te donne le début du texte en avant-première, tiens:

On se lasse plutôt vite de torturer des animaux. C’est vrai. Moi, à quatorze ans, j’étais déjà rendu ailleurs. Les insectes sont des proies faciles et personne ne te juge parce que tu as écrasé une fourmi. Tout petit, on te remercie de débarrasser la maison des indésirables. « Sept araignées en une seule journée? Bravo Michaël. » (Avec le temps, ils diront : « Il est pas un peu bizarre, ton garçon? C’est quoi son affaire d’arracher les ailes des mouches? » Mais pas au début. Au début, tout va bien pour tout le monde.)

Alors les gens comme moi commencent avec des insectes. Sous la chaussure. Entre les doigts. Ça craque. Ça se distend sous la pression. Et survient le premier frisson. Qui disparaît trop vite. Une grosse blatte entre le pouce et l’index, le jus qui coule, mais la sensation attendue ne se produit pas. Mon Dieu que j’ai cherché comment retrouver le plaisir d’écraser de petit êtres vivants. Jusqu’au déclic.

Jusqu’à nouvel ordre, ce projet s’appelle Lac au Sable. (Juste parce qu’il y en a tellement qui portent ce nom-là au Québec. Et que l’horreur se nourrit d’abord du banal, pas de l’extraordinaire.)

Je te livre mes impression sur cet exercice de genre… Lire la suite

Du Coca-Cola littéraire… en 50 tons de gris

J’ai fait trempette en Grèce cet été parce que je me suis marié. La Grèce, c’est romantique. Surtout les îles. Et c’est plein de gens en vacances. En vacances, le lecteur occasionnel s’adonne à son plaisir – un peu comme le fumeur occasionnel, un samedi soir dans un party avec des potes. Et comme le fumeur occasionnel, on dirait que l’objet qu’il choisit pour assouvir son besoin a finalement peu d’importance. « Tu veux une poffe? » — « Ouais, merci. » Tu remarques que le fumeur ne demande pas la sorte de cigarette qu’on va lui offrir. Et c’est compéhensible parce qu’on la lui donne. S’il achetait, il se demanderait quelle marque choisir. Il se rappelerait la dernière clope à son goût et rependrait du même poison. Il ne dirait pas: « Hé! Toi, derrière le comptoir, dis-moi donc quelles cigarettes se vendent le plus ces temps-ci? » — « Les Player’s marchent pas mal fort. » — « J’vais en prendre un paquet. » — « King Size? » Ce serait nul. Pourtant, ça doit être ce qui se produit dans les grandes surfaces où se vendent les montagnes de livres. Les plages du monde entier reçoivent la visite d’innombrables copies du même titre. Pas deux… un seul titre, souvent en anglais, mais aussi parfois traduit, entre les mains des vacanciers globe-trotters.

Cette année, c’était  Fifty Shades of Grey (Wiki…) a 2011 erotic novel by British author E. L. James. Set largely in Seattle, it is the first instalment in a trilogy that traces the deepening relationship between a college graduate, Anastasia Steele, and a young business magnate, Christian Grey. It is notable for its explicitly erotic scenes featuring elements of sexual practices involving bondage/discipline, dominance/submission, sadism/masochism. On a eu les Dan Brown et The Secret…maintenant c’est du soft-core à saveur Harlequin remballé. Ces livres-là sont à la littérature ce que le Coca-Cola est à la boisson gazeuse. On appelle ça de la domination.

Vic est-il jaloux? Oui. Je voudrais bien des ventes de ces dominateurs communs, pas toi? Mais surtout, le phénomème me fascine. Il doit y en avoir eu des épisodes de pushing, intentionnels ou non. « Je pars en vacances, vous n’auriez pas un bon roman à me suggérer? » — « Ben oui, il y a Fifty Shades of Grey, qui se vend très très bien. Juste aujourd’hui, j’en ai vendu une bonne dizaine et il n’est pas midi. D’après moi, si vous ne voulez pas avoir l’air rejet avec un livre différent sur la plage, je pense que c’est le livre qu’il vous faut. » — « C’est sûr que j’aurais l’air niaiseux si mon livre était différent de celui des autres… Fifty Plates of Djay, vou dîtes? L’avez-vous en français? Les traductions, moi, vous savez… » — « Ha! Si c’est du français que vous voulez, il me reste quelques Amélie Nothomb. Mais je vous conseille de trouver une plage francophone… »

Du Coca-Cola pour tout le monde! N’empêche qu’un bon Coke, ça reste un bon Coke. Et c’est toujours disponible… pas besoin de se forcer.

Voilà. J’ai ma réponse: la paresse. Pourquoi chercher plus loin que Fifty Plates of Djay après tout?

(Moi-même, j’ai lu Hunger Games dans l’avion, entre Athènes et Montréal. Avec un Coke. Ben oui, je sais.)

VV

Association d’idées…

Lire l’article précédent avant celui-ci. Il s’agit d’une annexe…

Je viens d’écrire mon texte sur Killshot et je me demande un peu ce qui s’est passé avec le film dont l’affiche accompagne mon article… Je fais quelques recherches sur le web et, patatra, je me rends compte que Tarantino – de Pulp Fiction – est celui qui s’est intéressé aux oeuvres de Leonard pour le cinéma…

Une citation:

« Success has followed Leonard to Hollywood as well. Released in October 1995, « Get Shorty, » starred John Travolta and was an immediate critical and commercial success; the same is true of « Out of Sight, » which starred George Clooney and was released in June 1998. Award-winning director Quentin Tarantino (« Pulp Fiction ») directed « Jackie Brown, » a film based on Leonard’s novel Rum Punch, in December 1997. Tarantino also plans to bring three more Leonard novels to the silver screen: Bandits, Freaky Deaky and Killshot. »

Faut-il s’étonner que j’aie senti le besoin d’associer le décalage de Pulp… avec celui des romans de Leonard? T’es en retard, Vic.

VV

Vic à la radio demain!

Hey, lecteur polyvalent, ça t’arrive d’écouter la radio?

Si c’est le cas, si tu habites pas trop loin de Sorel et si tu as envie d’entendre ma douce voix pour accompagner ton lunch dominical (ouin, ça fait beacoup de si…), ben le Vic sera à la radio demain. Voilà.

Le dimanche 10 juin, 12h15, CJOS, FM 101,5 – avec M. Denoncourt.

Ciao,

VV