Le 9/11 dans L’appartement du clown

T'en rappelles-tu?

Moi, le 9/11 m’a pas mal fait réfléchir. Après les événements, je me suis rapidement dit que quelqu’un qui raconterait ma vie me définirait probablement comme un gars qui a subi les grands mouvements qui ont suivi les attentats. Je fais partie de ce Nouvel Ordre Mondial. Je n’y peux rien, c’est un état de fait.

J’ai quand même hésité avant de choisir de situer mon histoire à ce moment de l’Histoire. (Ouais, l’actionde L’appartement du clown commence vraiment la veille du 11 septembre 2001.) J’étais tenté, mais aussi un peu craintif que ça fasse « réchauffé ». Puis, je me suis dit : « Vic, si ça fonctionne dans ton histoire à toi, cawli– toi donc du H majuscule. » Et je pense que ça fonctionne pour L’adc. Le 9/11 sert d’impulsion, mais on n’y revient pas souvent; je m’intéresse aux échos dans la vie des personnages et non à la réalité historique.

En plus, j’aime bien les ouvrages qui me plongent à un moment précis de ma vie. Récemment, j’ai vu 1981 de Ricardo Trogi et je me suis senti redevenir ti-gars. Je voulais que L’adc soit comme ça : fixé dans le temps. Et que ça compte.

Quand même, lorsque j’ai parlé du roman avec une éditrice qui me refusait la publication chez elle, la question du 9/11 a été soulevée. Tu vois, le premier volume de sa collection utilisait les attentats comme trame de fond. Mon thème en devenait répétitif, de son point de vue. Je l’ai bien compris et j’ai continué à chercher preneur. Je tiens au événements de l’Histoire dans la mienne, la petite. J’y crois.

PS : Un gros gros merci à cette éditrice quand même. J’espère qu’elle se reconnaîtra. Contrairement à la plupart, elle a pris le temps de m’appeler, de me parler de son appréciation de mon roman et de partager son expérience d’insider du milieu de l’édition. Ses conseils ont d’ailleurs influencé la mouture finale. Merci.

VV

100 jours avant L’appartement du clown!

Je suis ici incognito...

Voilà, c’est parti. Nous sommes dans les derniers 100 jours avant la publication. Je me sens comme Napoléon… mais j’ai espoir que mes 100 jours à moi ne finiront pas par un Waterloo. (Ok, j’exagère un peu…)

Vic est très officiellement web-based. La transmission virale de la « bonne nouvelle » Facebook est commencée. Voyons voir si ce sera aussi virulent que le SRAS (te rappelles-tu du SRAS ? moi j’avais presque oublié…).

Donc, je trouve pertinent de dresser un état de la situation pour toi, visiteur curieux, afin que tu puisses suivre les élucubrations de ce blogue. Je fais ça sous forme de liste.

  1. J’ai écrit un roman : ça s’appelle L’appartement du clown et le livre sera publié par les Éditions XYZ dans la section « Hors Collection » (je trouve que ça fait spécial).
  2. La date de sortie en librairie est encore en discussion, mais on sait que ce sera une date qui commence probablement par un deux en mars 2010 (donc, un peu moins de 100 jours).
  3. Si tu veux savoir qui je suis, tu peux lire la page À PROPOS DE VIC VERDIER.
  4. Si tu veux savoir de quoi parle le roman, je t’invite sur la page L’APPARTEMENT DU CLOWN.
  5. Je prévois quatre catégories d’articles : Vic à lire (extraits du livre – à venir à la mi-février), Vic se livre (mes angoisses et illuminations d’auteur), Vic en vrac (toutes sortes de choses autour du livre et de la joie de se prendre pour un écrivain) et Vic nouveau (questionnement sur la suite de L’appartement du clown – j’ai besoin de toi – à venir vers le mois d’avril).
  6. Je pense mettre en ligne un ou deux articles par semaine, sans compter les réponses à tes commentaires nombreux et lumineux… tu seras informé si tu t’abonnes ou si tu deviens mon ami Facebook. (Savais-tu qu’en anglais, il est maintenant possible de dire to unfriend, pour exprimer l’action de briser un lien Facebook ?)
  7. As-tu d’autres questions ? Vas-y fort, je suis prêt.

À bientôt,

VV

Vic se prend pour San-Antonio

Premier roman de San-A que j'ai lu

Je suis Vic Verdier.

Facile à dire. Moins facile à réaliser. C’est qui Vic Verdier, d’abord ?

Pour moi, écrire voulait dire me faire du fun. En premier lieu. Le plaisir d’inventer des histoires, c’est aussi celui de s’inventer soi-même, inévitablement. Ce sont de gros mensonges agréables à se raconter. Et puis, quand Vic est né, je venais juste de lire Quelqu’un d’autre de Benaquista…

Si le roman est un reflet de la vie, l’auteur m’apparaît comme un reflet de lui-même. (Je ne suis pas sûr qu’il existe un romancier qui écrive comme il est. Le conteur EST un personnage. Tu connais Fred Pellerin ? Sinon, cours le découvrir.)

Tant qu’à jouer avec des effets de miroirs, j’ai eu envie de déborder les pages. Je me suis fait penser au grand San Antonio. (En plus petit.) Ce phénomène m’a toujours fasciné : un commissaire de police déjanté et un auteur de polars qui se rejoignent à travers un vocabulaire original et des thèmes partagés. Qui est qui ? Qui parle ? On s’en fout, du moment qu’on a du plaisir à lire.

(Pour ton info, le vrai nom de San Antonio est Frédéric Dard. Il a écrit 190+ aventures du célèbre commissaire et de son pote Béru…)

Le Fred en question

Ce flou artistique, pour moi, représente un monde de potentiels. Avec un peu de chance, ça va me permettre de nourrir mon écriture, de me promener entre la réalité et la fiction, tout en fournissant aux journalistes une bonne question à poser… (Je prépare ma réponse.)

Je souhaite marquer quelques différences entre Vic Verdier (p), le personnage et Vic Verdier (a), l’auteur.

  • Vic Verdier (a) est plus grand que Vic Verdier (p) – plus gros aussi.
  • Vic Verdier (a) n’a pas de problème de calvitie et porte la barbe.
  • Vic Verdier (a) ne sait pas jouer du piano (j’ai une histoire à conter là-dessus – j’y reviens une autre fois).
  • Vic Verdier (a) a une femme et des enfants, Vic Verdier (p), pas encore.
  • Vic Verdier (p) est plus vieux que Vic Verdier (a) : 12 jours.
  • Vic Verdier (a) est un joueur de ligne offensive.
  • Vic Verdier (a) essaie souvent de faire changer la couleur de ses yeux, en vain.
  • Vic Verdier (a) et Vic Verdier (p) viennent tous deux de Québec.
  • Vic Verdier (a) et Vic Verdier (p) sont passés par les universités Laval et McGill (pas dans les mêmes programmes).
  • Vic Verdier (a) aime plus le vin que Vic Verdier (p).
  • Vic Verdier (p) écrit mal.

VV

Sais-tu de quoi je parle ? (Et est-ce important ?)

Ludwig van Chose

Metallica, Ervin Goffman, Passe-Partout, U2, Ludwig van Beethoven, Arvo Part, Bill Withers, Lord of the Rings, The Beatles, la période Directoire, Gravilo Princip, Aznavour, Ferré, American Hi-Fi, The Matrix, Andrew Boyd Wagon, Jean-Baptiste Poquelin… est-ce trop?

Ils sont tous quelque part dans L’appartement du clown.

Ma tête est pleine de références culturelles. Pleine à en déborder sur les pages de L’adc (ça fait chic en abrève, hein?). Mes idées se placent comme ça, autour de musique, de livres, de films, de lieux, d’événements historiques… je n’y peux rien.

Alors, est-ce trop ? Je me suis posé la question et j’ai répondu comme mon personnage: pourquoi pas. 

Le gars qui a provoqué le Grande Guerre

Pendant un certain temps, mon livre était rempli de notes de bas de page. C’était pour te donner un coup de main, ami lecteur. Je parlais de Goffman, de la botte de Nevers, de Rudolph Giulianni, etc. Certains de mes proof-lecteurs me disaient d’en ajouter, d’autres, d’en supprimer. Alors, ne sachant que faire, je me suis projeté en toi. Oui, oui, en toi.

Je t’ai trouvé compliqué. Comment savoir ce que tu sais ? Qui est mon lecteur médian ? Pas capable de décider. Alors, je t’ai rêvé, oui, rêvé, lecteur onirique. J’écris pour des gens curieux qui voudront découvrir mes référents par eux-mêmes. Mon étalon de mesure n’est pas l’idée que je me fais de tes connaissances générales, mais l’entrave à la lecture. Si une référence n’empêche pas le lecteur de suivre le fil, je me donne le droit de la garder.

Mon roman est un reflet de l’univers d’un gars qui avait 25 ans en 2001, blanc, francophone, scolarisé, montréalais, hédoniste et j’en passe. Tu peux comprendre ça.

Et les autres ? Il faut penser à tous ces pauvres hères qui ne partagent pas la culture de Vic Verdier. Je think big.

Hé, bien, ça ne change rien. Je déclare que L’adc est international parce qu’il est enraciné quelque part. Mes futurs lecteurs du Burkina Faso le comprendront comme ils ont compris Tremblay, Eco, Steinbeck et Larsson.

VV

L'arbre de Josué

Ce que Vic écrit présentement

Là, là, L’appartement du clown est en montage/révision. Est-ce que ça veut dire que j’ai cessé d’écrire?

Nein. Niet. Pantoute.

Je suis encore pris dans le trafic, donc, j’écris.

Quoi? Tu veux savoir? Trois patentes.

  1. En Verve avec Vic Verdier – ça occupe, ces petites choses virtuelles-là.
  2. Je me « rince » avec un roman dans un registre complètement différent des aventures de Vic Verdier. J’ai en chantier un texte à cheval entre la science-fiction et la fantasy. Une histoire violente et surnaturelle qui se déroule dans un monde parallèle au 19e siècle et où la ville de Québec serait une cité-état qui dominerait le monde occidental. Je pense même à jouer avec un peu de satanisme… (Je ne blague pas, j’écris vraiment un truc de ce genre-là. On verra ce que ça donne.)
  3. Je suis déjà dans la suite de L’appartement du clown. J’appelle ça L’appartement du dessus, pour le moment. (En fait, depuis hier – le 16 février 2010 – j’appelle ça Le Moderne Cabaret.) Les thèmes sont pas mal identifiés, mais je vais peut-être avoir besoin d’aide pour aligner mes envies littéraires. On va s’en reparler sous peu.

VV

Papi Verdier: le vrai Vic

Aujourd’hui, je te parle un peu de Papi Verdier. Jean-Pierre, mon Papi à moi. Ze Vic Verdier original.

Le rideau se lève, le narrateur parle :

Papi avant l'opération (son père ressemble à A. Hopkins, non?)

« Il était une fois un homme d’affaires de la Vieille Capitale qui manufacturait et distribuait les meilleurs balais et brosses pour usage domestique ou commercial. Le bonhomme avait d’abord été un garçon laid, bigleux et infirme. Ses jambes croches l’avaient empêché de marcher jusqu’à ce que, vers ses 12 ans, il subisse une opération expérimentale en Europe! Il avait fait le voyage en bateau, et tout.

On le retrouve dans la vingtaine, capable de vivre une vie normale – mais toujours affublé de strabisme –, ambitieux en affaires, l’âme d’un poète et désormais amoureux d’une femme. On ne peut pas demander mieux. Nous sommes en 1939. (Pour une fois, les infirmes ont un avantage, ils ne vont pas à la guerre.)

Papi aurait bien voulu conquérir la belle à coup de chansonnettes, mais, en ces temps incertains, la demoiselle préférait la sécurité du dollar. Par chance, le bonhomme savait aussi comment faire rouler son affaire. Il marie la jeune femme et lui fait des enfants, dont mon Papa.

Un single chez Variétés

Dans les années ‘40, on ne mélangeait pas les rôles : on était soit un respectable homme d’affaires (membre des Lions et des Chevaliers de Colomb), soit un artiste. Pas les deux. Donc, Papi décide de s’inventer le pseudonyme de Vic Verdier pour laisser libre cours à ses envies artistiques. Caché sous cette nouvelle identité – ça sonne bien, non ? –, il compose des vers et de la musique. Je crois même que certaines de ses mélodies seront jouées à la radio, quelques fois, pas souvent.

Le succès ne viendra jamais. »

Par contre, son impact sera significatif sur l’imaginaire de son petit-fils. Il m’a appris à siffler, mais malheureusement pas à jouer du piano. Les cartes de fête qu’il m’écrivait sont des bijoux de prose tapée à la machine sur des cartons blancs embossés. Je me suis dit que moi aussi, un jour… et que je deviendrais Vic Verdier à mon tour.

Voilà, c’est fait.

Merci Jean-Pierre, je te dédie L’appartement du clown.

VV

Une chanson sous (c) et photo montage...

Noël avec mononcle Paul

Il me manque une dent, mais lui, c'est un dentier...

Hors de l’auto, point de salut

J'écrivais, cette journée-là.

Si je n’avais pas d’automobile, je n’aurais jamais écrit. C’est fou, mais c’est ça.

On me demande souvent où je trouve le temps d’écrire. (Ce n’est pas vrai, mais je trouve que de dire ça me donne une certaine prestance.) « Entre le travail, les enfants, le maintien des relations d’amitié, un couple qui demande qu’on s’occupe de lui, comment arrives-tu à écrire, Vic? » (Personne ne m’appelle Vic, mais dans mon blog, je fais ce que je veux.)

Je le répète : si je n’avais pas d’automobile, je n’aurais jamais écrit. J’écris en auto.
Pas vraiment, mais presque. Je vais t’avouer quelque chose : contrairement à mon personnage, le Vic qui écrit n’habite plus Montréal. J’y travaille encore, sauf que je n’y dors plus. Je voudrais bien te faire coller que je suis un véritable artiste urbain… jusqu’à ce que tu découvres que je vis dans le 450. Je serais peu avancé à te mentir. Donc, je me tape une bonne heure de trafic le matin, bis, le soir.

Et c’est là que le « miracle » se produit pour moi.

À force de perdre mon temps sur quatre roues immobiles, j’ai découvert que mes pensées, elles, ne cessent d’avancer, de toute façon – souvent sous la forme d’histoire que je me raconte pour passer le temps. Autant mettre ces heures à profit, que je me suis finalement dit. Ça devait être quelque part en 2005.

En plus, je ne fais pas que rêvasser, en auto, non. Autre révélation, choc : je suis très beaucoup chanceux de faire partie des gens qui ne prennent pas de note. Ma mémoire me suffit généralement. (Ouais, je sais que ça facilite ma vie… Même au travail, je trimbale un cahier par parure, c’est tout dire.)

Vic Verdier roule en Volvo

Confession finale : je n’ai pas besoin de me mettre dans le mood pour écrire. Une demi-heure sur le portable devant une mauvaise émission de télé après avoir couché les monstres me suffit à pondre le premier jet d’une scène. (Une scène élaborée entre le boulot et la maison – tu vois, je boucle la boucle.)

Voilà, tu connais mon secret.

VV