Vic a lu pour toi: The Man in the High Castle par Philip K. Dick

The_Man_in_the_High_CastleTu auras compris, lecteur attentif, mon amour immodéré des histoires qui commencent avec « et si… » Il s’agit d’un genre en soi – la présentation d’un monde rendu différent parce que les événements qui s’y sont déroulés divergent de ceux que nous connaissons. Et si Rome n’était jamais tombée? Et si le vaisseau spatial du petit Superman s’était posé dans la jungle, parmi les primates? Et si JFK n’avait jamais été assassiné? Et si le Cap Diamant avait effectivement été rempli de diamants? Et si les Nazis avaient gagné la guerre? Les intellos appellent ça une uchronie.

Pour moi, la transposition des préoccupations actuelles dans un monde distordu nous offre un des plus grands bonheurs de lecture. La série The Neanderthal Parallax, de Robert J. Sawyer propose une planète Terre où les sapiens sapiens n’ont jamais supplanté les néandertals. Ça donne un récit franchement extraordinaire, qui nous secoue un peu à chaque page. Je m’y suis moi-même essayé avec l’Empire Bleu Sang – et j’ai adoré ce processus d’écriture. Voilà maintenant qu’une chaîne américaine va proposer, cet automne, une série inspirée du roman de 1962, par Philip K. Dick, The Man in the High Castle; peut-être une des plus grande oeuvres uchroniques modernes. J’en profite pour te parler du roman.

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La revue Solaris recommande L’Empire bleu sang

Solaris

Une couverture antérieure – qui a un look plus steampunk.

La réputation de Solaris dans le monde de la science-fiction au Québec n’est plus à faire. Il s’agit de la référence. Point. Et, dans le numéro 194, on peut y lire une critique sur mon roman steampunk de la plume de Pierre-Alexandre Bonin. Franchement, j’en bombe le torse.

En voici un extrait qui me fait très plaisir.

« L’Empire bleu sang constitue sans contredit l’une des révélations majeures en littérature de l’imaginaire pour 2014. En proposant un mélange réussi d’uchronie et de steampunk et en donnant à lire une intrigue solidement construite et enlevante, Verdier captive le lecteur et ne lui laisse aucun répit. Il s’agit d’un auteur à surveiller (…) »

Tu veux lire la chose au complet? Ça se passe ici, à la page 147. Je ne te cacherai pas qu’ils me donnent le goût de récidiver dans le registre sci-fi.

***

Poursuivons dans la veine des bonnes nouvelles: j’ajoute des extraits d’une autre critique positive, celle de la blogueuse Prosperyne. Elle explique qu’elle fait toujours attention à ce qu’elle dit d’un livre, qu’elle hésite souvent par peur d’être injuste ou trop sévère. Mais dans mon cas…

« Là, c’est juste que j’ai peur de ne pas bien rendre mon ressenti parce que ce livre, il m’a vraiment fait tripper.  Seulement, si je trippe parfois sur un livre, normalement, c’est plus centré sur l’histoire ou sur le style de l’auteur.  Là, c’est les deux, à égale valeur. »

Je me permets un bonbon pour la fin: « L’écriture a l’air toute simple à première vue, mais il faut le dire, l’auteur la maîtrise très bien.  Il ne cherche pas à faire des effets et réussit très bien ce qu’il entreprend.  Superbe roman, très bien écrit, vraiment une très belle réussite.  J’ai vraiment beaucoup aimé! Ma note: 5/5 »

Yeah!

VV

Vic a lu pour toi: Sans faire d’histoire par Anne De Léan

SFHistoireJe passe au Salon du livre de Montréal, j’y retrouve une amie, Anne De Léan, qui, habituellement, raconte des histoires avec sa caméra, mais qui, Ô joie, vient de publier un livre. « C’est une série documentaire que personne n’a eu les moyens de produire, alors on a pensé la réaliser avec du papier, » qu’elle me dit. (Je paraphrase.) « C’est une super idée, ça, » que je me dis.

L’objet est, en lui-même, très beau. Charmeur, accrocheur, cartonné, les coins arrondis… on le remarque. Et quand on plonge dedans, on trouve quantité d’images frappantes, traitées avec un grand souci du détail dans un montage qui sert le propos. Mais, ça raconte quoi? Ben tout, et rien. Ça emporte le lecteur dans les recoins de l’Histoire, avec un grand H, à l,aide  des miettes de la petite. Anne nous promène d’une anecdote à l’autre avec beaucoup d’aplomb, tissant les liens nécessaires entre le fait inusité qu’elle raconte et les événements connus qui en ont découlé. Une émeute à Montréal préfigure la lutte pour les droits des homosexuels, un mariage religieux entre stars d’Hollywood (Miz Taylor, elle-même) qui lance le débat sur l’union civile. Chaque petite partie de ce livre contient une surprise et fournit matière à réflexion. Les Olympiques de Montréal, les dessous de la visite de De Gaulle, un espion allemand qui utilise des allumettes belges, elle a fouillé avec rigueur. C’est un livre qui se permet d’aller un peu partout à la fois et c’est parfait comme ça.

Bref, les producteurs télé sont passés à côté d’un projet très intéressant parce qu’Anne De Léan sait comment cadrer une histoire. Tant mieux pour les lecteurs — un cadeau à se faire pour le temps des Fêtes.

Je recommande sans réserve. (C’est aux Éditions de l’Homme.)

Ciao,

VV

Vic a lu pour toi: La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen

lancement-la-deesse-des-mouches-feux-au-patro-vys-178292Vic a beaucoup aimé ce roman que Geneviève Pettersen lui a aimablement dédicacé au Salon du livre du Saguenay. Elle y a inscrit de son écriture souple qu’il s’agissait d’une histoire de « petite crisse ». Je m’y suis frotté et j’en suis ressorti avec un grand sourire niaiseux et le goût de continuer à me plonger dans cet univers familier et pourtant si éloigné de moi.

Geneviève m’a permis de retourner à ma propre adolescence. (Je corresponds aux personnages les plus âgés de son roman, quelques années de plus que la narratrice – elle-même une des petites crisses annoncées dans la dédicace.) Je ne pensais pas que cette version inachevée de moi-même était encore aussi vive avant de lire son livre. Pendant longtemps, je l’avais remisée dans une boîte au fond de mon esprit, en état de latence. Mais La déesse des mouches à feu l’a fait ressurgir avec un délice surprenant. Je t’invite à lire, toi aussi. Passe pas à côté, c’est chez Le Quartanier. Je t’explique pourquoi. Lire la suite

Vic a lu pour toi: La chorale du diable de Martin Michaud

cover-diable-bigJe désespérais de trouver un romancier québécois capable de m’offrir un univers policier qui me happerait comme certains auteurs étrangers arrivent à le faire. Maintenant, j’ai Martin Michaud et son enquêteur, Victor Lessard.

Si je n’avais pas aimé, je n’en parlerais pas. Lessard, dans sa deuxième enquête publiée – il y en a trois, presque quatre -, m’a accompagné en voyage au bord de la plage.

De quoi s’agit-il, en gros? D’un enquêteur du SPVM qui a des relations explosives avec sa hiérarchie, mais de fidèles collègues — d’un père dont les paramètres familiaux sont lourds et complexes, tant dans son passé lointain que dans son passé récent — d’un homme qui cherche à aimer sans top savoir comment — d’un gars qui essaie de ne pas sombrer dans la dépression et l’alcoolisme. Lessard, en pleine semaine de pluie du mois de mai, tombe sur un drame familial sauvage dans lequel le mari semble avoir tué femme et enfants à coups de hache avant de se trancher la langue et de se donner la mort. La haute-gomme désire une enquête rapidement bouclée, mais Lessard sent que quelque chose cloche. Ses soupçons sont bien mal reçus, puisque son propre père s’est lui-même rendu coupable d’un crime semblable — ce qui jette une ombre sur ses déductions. Au fil de l’enquête, Lessard s’enfonce dans une mécanique terrible qui l’éloigne de plus en plus de son rôle de policier et de plus en plus de celui du justicier.

Dans ce roman, le lecteur a droit à tout ce qu’on associe normalement aux univers américains. Montréal devient New York ou Los Angeles. (Que j’aime ça!) On assassine, on prend en embuscade, on blesse par balle, on kidnappe, on torture, on poursuit, on s’introduit par effraction, on songe au suicide… et on sacre! Ce joual québécois nous rappelle où l’action se déroule, tout comme les descriptions des recoins de la ville. Merci, Martin. Lire la suite

Vic a lu pour toi: Les fantômes fument en cachette de Miléna Babin

r_652Miléna Babin arrive à faire ce que je ne sais pas faire. Elle écrit des choses qui me sont inaccessibles. Elle mérite une brouette de bravos.

Les fantômes fument en cachette est publié chez XYZ et il s’agit de son premier roman. Je recommande sans hésitation. (Je l’ai lu en e-pub et je ne n’ai pas l’impression que ça m’ait fait mal.)

Maeve vit sur la rue Cartier avec son plan de verveine, son chat, ses textes à réviser. Elle joue à l’ange gardien pour sa voisine âgée en attendant le retour de Fred, son amie la plus proche. Elle aime Loïc depuis toujours, d’un amour en douleurs et brûlures de cigarettes et Max, aussi, peut-être. Entre la Haute-Ville, Limoilou et le Chalet, elle se perd, change la couleur de ses murs, écoute de la musique, brise des cadres de photos, grille des cigarettes, essaie de jouer à l’amie avec la blonde de Loïc, joue à la mère avec la petite Kancelle, fait du ménage, se retrouve presque, se sent trahie, jette un album au feu et chasse les fantômes qui fument.

J’ai une douzaine de tours du soleil d’avance sur Miléna. Autant dire une éternité. Mais nous avons Québec en partage, l’Université Laval, et le goût d’écrire. Je ne m’attendais à rien avant de lire le roman. Quelques échos positifs, une jolie couverture, l’idée que quelqu’un qui s’engage envers la radio et le journal étudiants mérite d’être lu. Et paf! Surprise!  Il y a de L’appartement du clown dans cette fumée de fantômes. (Ben oui, c’est mon blogue, alors je retourne tout vers mon nombril. Tu t’attendais à quoi?) Lire la suite